Menottez-moi à un calorifère quelqu’un! Je reviens de blessure avec une motivation décuplée et dans mon cas, au grand dam de certains qui la cherchent souvent, mes stocks débordent!

Ouais, ça fait un an ce mois-ci que je négocie avec ma première vraie grosse blessure de course en 6 ans. Je suis sur le point d’en parler au passé, mais chhhhut, faut pas le dire trop fort. :)

Je multiplie les kilomètres de semaine en semaine depuis que mon talon va mieux. Après la progression raisonnable que je me suis imposée depuis l’été dernier, de 25k/sem de course avec beaucoup vélo fin de l’été à un marathon surprise cet automne (merci vélo) suivi de semaines de 30, 35, 50 et ainsi de suite, j’ai enfin attaqué du plus costaud cet hiver.

Je me suis farcie plusieurs belles grosses semaines de 125, 130, 150 et 154 km dont certaines dans la chaleur (Heat is the new high?).

Ma piste de course au chaud.

Ma piste de course au chaud.

De grosses semaines pour ensuite revenir autour d’un confortable 100k hebdo à allures variées qui est reçu par le corps comme un 80k avant. Mais avec un peu moins d’intervalles qu’avant ladite blessure. Je dis moins, pas ‘pas’ car j’aime bien trop ça! Mais le volume occupe maintenant un % un plus grand que disons en mars 2016 tout juste avant la blessure où là, je vivais de beaucoup (trop?) d’intervalles et d’eau fraîche. ;)

Mais toujours avec le souvenir de la blessure comme contrôle de cette motivation sans plafond qui me chatouille toujours l’envie de ressortir. (Un autre petit 5k de fin de soirée ça ne fait pas de mal non?)

C’est fou parce qu’en 6 ans, je ne me rappelle pas d’une seule fois où je n’ai pas eu envie de courir. Trop de fatigue, ça oui parfois, mais un manque de motivation en soi? Jamais.

Pas que ce soit grave d’en manquer un peu, mais je mentirais en disant que ça m’est arrivé. Pourquoi? Je ne sais trop. Sans doute parce que je cours toujours à un Happy Pace (contrairement à courir à son happy pace). Drôle de concept d’ailleurs de l’associer à un rythme en particulier. J’adore courir doucement… mais vite aussi! (Vite pour moi. Mon vite est le lent de bla bla, vous connaissez la chanson.) Et moyen-vite aussi, que j’appelle tempo. Ou le plus vite que je peux bonyenne!

Et tout ça quand je le veux. J’y pense, ça y est je l’ai c’est ça : Ma vie de coureuse est un maudit gros fartlek!

Ok, j’exagère, j’ai des vitesses cibles quand je fais des intervalles, mais le type d’intervalles et le quand, je le dis souvent, c’est au gré de mon envie et énergie du jour. Je joue avec la course comme d’autres sur un piano. Je joue ma toune à moi. J’adore me donner, j’adore récupérer, j’adore me balader.

Et surtout, la course j’aime ça ‘pendant’! Fou comme j’entends souvent des coureurs dire que Ça passe plus vite de telle ou telle façon. Ou que Enfin leur sortie est faite. Comment ça avoir hâte que ce soit fini? Bien sûr que c’est bon après aussi, on se sent bien, mais le pendant lui?

Le geste en soi, les muscles qui s’échauffent, le premier kilomètre un peu engourdi, les suivants où le corps se réveille, les autres où on décolle jusqu’au sentiment de n’être plus arrêtable, et alors les quads qu’on commence à ressentir, l’oxigène qui entre mieux que jamais, etc., etc.

C’est comme faire l’amour. Ce serait assez incongru d’entendre : Ouuuuais, j’aime ça faire l’amour mais surtout quand c’est fini. Hein quoi? Êtes-vous bien sûr d’aimer ça?

Non pire. On pose la question à la personne dans votre vie et elle répond tout bonnement : J’aime ça quand c’est fait et coché à l’agenda.

BOUM. Ça fesserait non? Ben chaque fois que j’entends ça, je sursaute. :)

Cela dit, ça vous regarde la réponse, mais la mienne est claire : j’adore courir. Pas que le fait d’être une coureuse ou d’avoir couru. Quand je suis en train de courir. Que je me sens en plein là où je dois être. Que mon corps, mon esprit, mon coeur ne font plus qu’un dans le moment présent. C’est ça courir heureux pour moi, peu importe la vitesse.

Et en avoir toujours envie, c’est la preuve il me semble qu’on a bien intégré ses Happy Pace dans sa routine. :)

Mes tendons tirent trop? Mollo.
Tout va bien et je suis affamée de vitesse? Pousse et fais-en plus encore.
Fatigue? Commence ta séance en te laissant le choix de couper… ou pas. Souvent, l’énergie revient en courant. Sinon? Vraiment trop fatigué? Repose-toi et ne t’en fais surtout pas.
Besoin de faire une longue? Paye-toi la traite de vitesse pour la terminer. Tes fins de courses te remercieront.

C’est drôle parce que c’est souvent du côté des militants du fameux pace du bonheur (lent) que je lis le plus souvent des pannes de motivations. Des coureurs qui aiment répéter que la performance c’est pour les coureurs stressés et malheureux ;), que les chronos c’est surfait (mais ils portent tous un GPS) ou encore que courir mollo est plus sain… mais qui cherchent leur motivation périodiquement.

Assez ironique non?

Je dis ça comme ça, et ça ne vaut sans doute pas pour tous, mais peut-être que certains gagneraient à chatouiller le guerrier en eux, à aller visiter de nouvelles zones d’inconfort, et qui sait, ces zones deviendraient peut-être des terrains de jeu supplémentaires alimentant l’amour du ‘pendant la course’? Qui sait…

**

C’est ainsi que depuis janvier, les kilomètres rentrent au poste pas à peu près! Que je dois me retenir avec les souvenirs de ma blessure pour ne pas toujours en faire juste un peu plus. Que souvent je me dis -déjà fini? Que j’ai toujours hâte à la prochaine sortie. Comme je le dis ces temps-ci à complices dans Garmin Connect: ça court en ta!

Et vous, à quoi ressemble vote motivation en ce début de nouvelle saison?

Parlant de prochaine saison qui commence :

Marathon
Je serai à nouveau du départ au Marathon de Reykjavik (voir mon récit de course 2015). On promet un record de participants. Et ça vient de partout dans le monde (23 pays l’an passé). Mon séjour est réservé et préparé… 5 mois d’avance! Un PB pour moi. Et cette fois, après la ville et le marathon, j’irai du côté de la côte nord (j’avais exploré la côte sud en 2015).

Première course 2017
C’est cette fin de semaine que ça se passe! Une grosse course. J’en dis pas plus car je sais, je l’ai déjà dit. Si je ne me pète pas un autre os de la main ou si je ne vais pas faire une autre séance de muscu-killer avec Laraque, ça devrait être bon.

Camp d’entrainement
Je serai aussi à un camp d’entraînement vélo-course ce printemps, du côté européen. Pour ça aussi j’en dirai plus une fois sur place, ou après pour le raconter, car les trucs d’avance et moi, ça ne l’a jamais vraiment bien fait. Mais oui, je vais remettre ça cet été aussi pour le vélo comme complément à la course. Ce fut un succès l’an passé dans le cadre de ma blessure, aussi bien le garder une fois remise. Cela dit, je pensais en faire cet hiver sur home trainer, mais ça ne m’a jamais tenté de magasiner. :)

Les paris sont ouverts
J’ai parié avec un ami que j’allais faire tomber tous mes PB actuels en 2017. Lui aussi. On va s’amuser!

Signé: Une fille en feu. ;)

 

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18 réponses à Ça rentre au poste

  1. Emilie dit :

    Avec le soleil qui fesse, les oiseaux qui sont de retour, ton message est tellement une bouffée d’oxygène pour ce printemps qui arrive!
    Ah oui, ceux (souvent celles en fait) qui me lâchent « je cours de bonne heure comme ça c’est fait » hein? Mais quoi? Mais aimes-tu tant la course que ça pour dire ça? Euh, non, je ne pense pas, requestionne-toi là …
    Du vélo, super! Encore mieux avec un camp! On apprend tellement! Mais alors là … le triathlon? Non?

    • Pascale dit :

      De un, Merci! Et voir ton nom aussi ça me fait ça! C’est de même, je t’ai adoptée. :)

      De deux, sur partie à rire parce que j’avais mis exactement la même parenthèse que toi (souvent celles en fait) mais me suis dit que j’allais encore me faire gronder et j’ai préféré les enlever… et te voilà! Hihi. ;)

      De trois: Triathlon sans doute oui, mais sans vraiment d’entraînement de nage. Si je peux tenir la vitesse de l’été passé ça me va. Moi et aller à la piscine hein… Tu vois moi j’assume: j’aime pas la nage. Quand j’y vais c’est parce que blessée et j’ai hâte que ce soit fait. :) Nager en eau libre par contre, autant de fois que je pourrai cet été lors de mes escapades. :)

      Bonne saison à toi aussi! Et joyeux printemps!

  2. M-Runner dit :

    Comment se porte ma motivation en début de saison? Aujourd’hui très bien! Ma saison peut enfin commencer!!! ;-)

    PS: fait attention quand même je veux pas que tu te re-blesses je veux voir tes happy pace en action moi!!

  3. Lalande Michèle dit :

    Quand je lis ton blogue, je suis toujours émerveillée par ta motivation qui ne te laisse jamais en panne, quoi qu’il arrive! Bises

  4. Phil dit :

    Wow tu m’impressionnes ! Je sais pas comment tu fais pour aligner plusieurs semaines de 100km d’affilée. Même en entrainement marathon, je n’y arrive pas et ma motivation est bonne.

    • Emilie dit :

      Je me posais la même question …

      • Pascale dit :

        Je fais au moins 3 doubles lors de ces semaines là. Sinon, quand tu dis que tu n’y arrives pas, tu veux dire physiquement ou au point de vue de l’horaire?

        • Pascale dit :

          …3 doubles par semaine je veux dire.

          • Phil dit :

            Je pense les 2 .. physiquement les dernières semaine d’un programme marathon sont difficiles et je suis souvent à la limite avant une blessure. Pour l’horaire aussi c’est difficile, je réussis à courir 5 fois par semaine mais puisque je ne fais pas de doublé ca donne jamais proche de 100km.

            • Pascale dit :

              Déjà 5 fois semaine dans un horaire chargé, c’est bien. Mais mettons qu’on jase là, en ajoutant 3-4 km, soit 2 de plus en warm-up et 2 en retour au calme (on néglige souvent ça), le voilà peut-être le 20k de plus qui te mène au 100k.

              De plus, je comprends bien le feeling de sentir l’élastique étiré vers la fin d’un plan marathon. Aussi bien t’écouter si ça te va. Monter ton volume selon moi, c’est plusieurs semaines avant un marathon, ensuite, tu reviens à un niveau qui passe mieux dans le dernier 6 semaines (j’y vais à peu près).

              Tout cela dit, c’est si tu y crois à cette augmentation de volume comme ‘tremplin’.

  5. Francis dit :

    J’ai lu ceci à propos de Ed Whitlock cette semaine et je crois que moi, c’est ça qui défini le mieux ma motivation « d’athlète ». J’ai souvent dit que si je n’avais pas de course en vue, je ne m’entrainerais pas autant; probablement différement
    – « By all accounts, he was austere and disciplined in his training, often saying that he didn’t particularly enjoy the rigours of hard running but was rather compelled to regiment by the desire to draw the best out of himself come race day. »

    • Pascale dit :

      Autrement dit, par amour du PB. :) Cela dit, je partage tout à fait, pour arriver au meilleur de soi lors d’une course. C’est juste le chemin pour s’y rendre qui diffère.

      • Francis dit :

        Le PB, oui, mais les expériences de courses, le moment, la fébrilité, la nouveauté, les rencontres. C’est peut-être aussi les contraintes/horaire d’entraînement que je m’impose qui me font parfois grincer des dents en vue d’un entrainement…mais ça ne reste qu’un grincement de dent, car rigueur, rigueur, riguer et une fois parti, c’est parti et ça fait du bien!

        • Pascale dit :

          Oui tout ça, absolument.
          Quand je disais PB, je me référais aux paroles citées du regretté Ed: «…by the desire to draw the best out of himself come race day.»

          Oh oui je peux comprendre ton petit grincement de dent avec un tel horaire. Bonne journée à toi, le plus matinal athlète que je connaisse! :)

  6. Elza Pelletier dit :

    Tu n’as pas que motivée maman tu es motivante! xx

    • Pascale dit :

      Ahhh ma fille d’amour merci.

      Je te souhaite de garder la course longtemps comme alliée. Bien sûr, côté sportif, je te souhaite de découvrir nombreuses possibilités, sports, loisirs, mais si tu pouvais garder la course toujours au moins un peu présente dans ta vie, elle te servira. Où on veut quand on veut avec la course, c’est si simple! Et elle nous recentre toujours un peu mieux sur qui on est fondamentalement.

      Je t’aime.

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