Ce que j’aime du triathlon? L’étincelle qui m’a eue pour la chose ou à tout le moins, pour ce bagage de plus dans mon volume d’entraînement ? C’est la transition en elle-même.

Oubliez ici la zone clôturée ou encore la déferlante d’équipement possible dont je me passe bien, oubliez tout ce qui touche l’ordre des choses matérielles : je parle de transition biomécanique. Du « réaménagement musculaire et cardiovasculaire » éclair imposé par l’enchaînement des disciplines.

Le fameux brick en entraînement.

Ce moment où nos cuisses travaillent à vélo depuis assez longtemps pour les ressentir et où l’on doit passer d’un alignement musculaire à un autre, dont certains groupes du 1er bataillon de ligne céderont leur place au 2e, sans pour autant quitter le combat. Autrement dit, tout le monde au boulot, mais différemment. J’adore.

Muscles utilisés à la course VS vélo (Source: me-mover.com)

Muscles utilisés à la course vs vélo. (Source: me-mover.com)

Certains groupes musculaires ont alors maintenant besoin d’être alimentés en premier en oxygène. Le flux sanguin est dévié. Cela doit se faire le plus rapidement possible tout en ne faisant pas exploser le cardio qui doit s’ajuster au nouveau type d’effort sans nous mettre au tapis pour la suite.

Ce moment hautement sportif où l’on descend du vélo et on se lance en ayant envie d’hurler à nos muscles de coureur : «Come on gang, ressaisissez-vous! ».

Muscles et course à pied (Source: borntorun.com)

Muscles et course à pied (Source: borntorun.com)

C’est ma façon de le vulgariser. Je laisse les explications scientifiques et les études aux milliers de sites à notre disposition. Je n’en suis qu’à l’étape de le découvrir en entraînement.

Coeur, muscles… et tête aussi. Les quelques premières foulées nous paraissent impossibles à vitesse cible jusqu’à ce que lentement, et de plus en plus vite parce qu’on s’y entraîne, ça redevienne fluide et efficace. Faut apprendre à avoir confiance en nos moyens pour la suite.

Muscles utilisés à vélo.

Muscles utilisés à vélo (source: trainingpeaks.com)

Même si j’en ai fait qu’un triathlon, je m’entraîne avec un grand plaisir (encore un peu naïf certes) à passer d’un à l’autre. Et de l’autre à l’un. Pour ce moment précis. Cette sensation unique.

Juste avant de le faire, je pousse encore plus sur vélo ou à la course, pour que la transition musculaire soit encore plus prononcée. Le grand dérangement qu’on travaille à minimiser.

Chaque morceau ne pouvant plus être planifié et évalué pour ce qu’il est. Il est maintenant un tiers. Un PB au demi-marathon en XhYZ qui se transforme en XhYZ + 10′ … 12′ … 18′ à effort égal après le vélo. On travaille à réduire le temps d’adaptation, mais il y aura toujours un coût.

Oui oui je sais, je parle de course et de vélo et un tri, c’est trois. Habiter au bord de l’eau me comblerait du 3e élément. Mais le brick le plus simple à réaliser demeure course/vélo.

D’ici là, je fais avec les éléments autour de moi, le plus simplement possible. C’est ce que j’aime de la course, ma plus grande passion, c’est sa simplicité, son accessibilité. Je vise donc de vivre le triathlon dans le même esprit, axé sur le sport en lui-même le plus possible, même si déjà je sais bien que ce l’est beaucoup moins vu tout ce que l’équipement vient ajouter comme variables.

Vais-je tant participer à des triathlons? Je ne sais pas. Mais l’entrainement croisé a pris un tout autre sens dans ma vie (grâce à une blessure!). Enchaîner deux sports dans la même case horaire d’entraînement m’apporte un plaisir supplémentaire pour le moment : 1 + 1 = 3.

Doit-on inclure ça souvent dans une semaine d’entraînement? Je laisse la réponse aux pros du sujet. Moi, je le répète, je parle du plaisir que j’ai à le faire. Du plaisir de cet effort bien particulier.

De plus, ça augmente ma quantité de travail à la course sur la fatigue tout en n’augmentant pas trop le volume. La fatigue est au coeur de la progression. Mais il y a des limites à travailler sur la fatigue sans trop… s’épuiser. Ajouter le vélo avant la course est un moyen parmi d’autres. Et musculairement, combien de fois on se fait dire, comme coureur, de penser à muscler hanches/fessiers? Le vélo est aussi un bon moyen.

Mine de rien, en quelques mois de vélo, mes fesses ont déjà «changé». ;)

Et est-ce que ça contribuera à me garder un peu plus loin des blessures? C’est un des buts.

Et ah oui, côté pratico-pratique, une des façons trouvées pour vivre l’intensité de la transition sans nécessairement avoir le temps de faire 2 heures de vélo avant, est le Bixi. Ne riez pas.

Traînez plutôt avec vous une clé Bixi et allez en faire 15, 20… 30′ à fond les cannes en enchaînant subito la course à allure cible. À 30 kilos le vélo (aucune idée du poids réel, c’est une évaluation maison), on s’en reparlera. ;)

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2 réponses à Le plaisir de la transition

  1. Normlecoureuralaretraitequiserongelesongles dit :

    Me semble de te voir avec un Bixi sur un Ironman…. moi dans le vélo ce que je trouve le plus difficile c’est l’inconfort du popotin À quand ton prochain ?

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