On reconnait nombreux traits communs aux humains qui ont ce qu’on appelle, une plus grande force mentale. Les domaines de compétence diffèrent, mais les grandes forces sont communes. Des tonnes d’excellents textes existent sur le sujet. Vous les voyez passer autant que moi dans les revues, sur Facebook, etc.

Mais oui, je lis beaucoup sur la force du mental. Une expression qu’on tourne parfois au ridicule, n’empêche, c’est à peu près là qu’on sépare les hommes grands des enfants.

Mais à quoi ça consiste, être fort mentalement?

Les courageux du ciboulot, version course à pied 
Je nomme d’abord quelques grands traits pris ici et  (les listes ne sont jamais exhaustives, la mienne non plus), mais je reviendrai plus loin avec deux traits qui me servent bien. Voici donc traduit et nettoyé juste pour vous (service 5 étoiles non?), un aide-mémoire de l’entraînement du mental. :)

Un coureur qui travaille à devenir toujours plus fort mentalement fait ceci :

-Est optimiste.

-Sait apprendre d’une mauvaise course ou sortie et ne se laisse pas atteindre par elle. Va rapidement de l’avant.

-N’hésite pas à faire de la place dans son entraînement à divers tests (5k surprise? :) en mettant la barre toujours un petit peu plus haute. Et n’a pas peur de faire face au résultat.

-N’hésite pas à demander conseil, de l’aide et à poser des questions. Ne se sent pas «moins bon» parce qu’il le fait.

-S’entraîne de temps en temps dans des conditions défavorables (pluie, vent, froid, humidité, chaleur…).

-Visualise son éventuel succès (encore plus juste avant une course).

-S’entraîne de temps en temps avec des meilleurs que lui (et discute avec eux!).

-Court certaines longues sorties seul.

-Ne se sent pas diminué par le succès des autres, sait demeurer concentré sur le sien.

-Pense surtout à ce qu’il peut contrôler. Ne laisse pas l’anxiété le gagner pour des choses qu’il ne contrôle pas.

-Choisis bien ses objectifs: élevés mais réalistes (je disais dans un précédent texte qu’on ne doit être ni trop indulgent, ni trop sévère avec soi pour aimer la course longtemps… et progresser).

-Only race when you mean it. (Je le laisse en anglais celui-là, il est parfait comme ça!)

Mon trait chouchou
Parmi tous les traits lus, appris, devinés, il y en a un que j’ai toujours fait instinctivement dans mon parcours de coureuse et qui s’avère une grande source de confiance en moi : Regarder régulièrement ce qu’il y a de bon derrière moi.

Un moment de doute s’empare de nous? On jette un coup d’oeil à l’entraînement effectué dans les derniers mois pour y relever les points forts. Nos meilleures sorties.

Autrement dit, c’est cette capacité, en tout temps et même (surtout?) dans l’échec, de se tourner vers le tableau global et d’identifier ‘le bon’ qu’on a inscrit au compteur. Et de le faire régulièrement pour en faire une source de motivation permanente.

Car qu’applaudit-on lors d’un bon résultat de course, sinon tout le chemin parcouru pour y parvenir? Quand ce résultat n’est pas celui qu’on voulait, on est tous capables d’y voir le manque de ceci ou de cela. Mais il est selon moi tout aussi nécessaire de rapidement extraire le bon du mauvais.

Car du bon, il y en a tout le temps. Alors on l’identifie et on avance avec ça en tête pour la suite, avec un plan de match amélioré. 

Pour ma part, je m’ouvre une fenêtre avec les 4 derniers mois d’entraînement (plus loin que ça, c’est moins profitable au moment présent je trouve). Et je pointe mes meilleurs coups.

Cela dit, la force mentale c’est vaste, c’est un complexe amalgame de traits clés, un formidable coffre à outils, un peu pêle-mêle parfois, mais toujours là au besoin. Le mien n’est pas complet, mais je le trouve pas pire bien garni.

Et surtout, ce n’est pas une grande qualité que l’on possède ou pas. C’est un ensemble de points forts à entraîner sans cesse, comme on le fait avec le corps.  

Un autre trait bonus : connaître les principes du cerveau
Je discutais avec mon ami Patrick (non pas toi Pat, l’autre) avant son marathon d’Ottawa et je lui disais à quel point le corps est une merveilleuse machine. À peu près tout est programmé pour la survie. Adrénaline au besoin, shut down en cas de douleur trop élevée, etc., etc. 

Et c’est là qu’on est arrivé sur le sujet des jambes lourdes de fin de marathon. Au début de la course, en plus de l’énergie toute disponible, le petit stress d’avant-course nous garde bien fringant, mais plus les kilomètres défilent, plus on «s’habitue» à la situation jusqu’à ce que le manque de ressources énergétiques, les tensions musculaires, la dérive cardiaque, etc., se pointent. 

Le cerveau commence alors à nous envoyer des messages pour qu’on se calme, qu’on arrête, qu’on se repose. Normal, c’est son boulot de s’assurer de notre survie. :)

Alors là, oh la la, la fatigue… et nos jambes commencent à être looooooourdes!

Ben non… arnaque! Elles ont le même poids qu’avant la course. 

Mais on les sent louuuuuurdes. Alors on se met à s’imaginer le pire. Ou à négocier : « Et si je ralentissais un ou deux kilomètres, ça ne va pas tant changer mon chrono? »

Les appels à ralentir se multiplient. Si on n’est pas entraîné pour tenir 42k à cette vitesse-là, c’est normal de ne pas pouvoir les combattre. Pas de miracle physique le jour J.

Mais si justement, on est entraîné et que l’on a somme toute respecté les commandes extérieures d’ajustement de l’allure cible (gros vent de face, chaleur élevée…) mais que l’on se sent faiblir quand même?

D’abord, pas de panique. On lutte contre quoi au fond? On lutte contre le cerveau qui dicte le repos nécessaire et qui amplifie tout ce qui peut nous amener à céder à cette tentation. 

Alors, ces jambes lourdes, sont-elles vraiment si lourdes? Et même si on les sent ainsi, pourquoi nous empêcheraient-elles de maintenir l’allure?

Souvenez-vous de votre dernier marathon. Fermez les yeux et imaginez qu’en plein kilomètre 37, on lâche un tigre enragé derrière vous. Sentiriez-vous encore vos jambes aussi lourdes?

Hein quoi? Tu dis qu’on ne peut pas feindre une montée d’adrénaline?

En es-tu bien certain?

;)

**
P.-S. Vous avez aimé ce texte? Vous en avez retiré au moins un petit quelque chose? Merci de prendre 10 secondes pour me le dire en commentaire. Parce que… comment dire, non seulement il fut plus long à écrire, mais c’est le fruit de plusieurs années de réflexion, de lecture, d’essais… d’erreurs que je tente de condenser dans mes billets. Merci!

 

 

44 réponses à Êtes-vous fait fort?

  1. M-Runner dit :

    3 choses sur ton article:
    1) La finale est grandiose!!
    2) Pourquoi tu n’écris pas pour les revues de course du Québec il y a tellement trop d’articles de premier niveau….
    3) J’ai pris 4 points que j’ai mis en post-it au-dessus de mon bureau!! :-)

    • Pascale dit :

      2) Je ne sais trop… j’écris déjà sur commande dans mon travail avec toutes sortes de contraintes alors peut-être que je tiens à une certaine liberté qui m’est assurée ici? Encore là, je me mets un paquet de limites pour ne pas vexer (sur lesquelles je travaille…). Mais vrai que un n’empêcherait pas l’autre… À méditer. :)

      Merci pour 1 & 4! :)

  2. Ghislain Lafrance dit :

    Alors là, je viens de faire mon premier ! C’est une arnaque dis-tu ? Ce moment ou ton cerveau te dit d’arrêter, de te rouler en boule sur le trottoir ? Merde, j’aurais dû savoir ce qu’il manigançait ! Avoir su, je n’aurais pas écouté !
    Sans blague, je crois quand même que ma gestion de course était un peu déficiente : Parti trop vite, trop de côte. Un mélange d’inexpérience et de cerveau surprotecteur !
    Merci à toi, super intéressant !
    C’est ici que je viendrai me ressourcer. À nous deux KM 32 !

    • Pascale dit :

      Hahaha! Pour ma part je dis souvent «envie de me rouler en boule dans l’herbe». C’est au moins plus confortable. :)

      Très cute ton commentaire. Et c’était ton premier! C’est correct de faire tout ça au premier. C’est à ça qu’il sert. :)

      Merci Ghislain!

  3. AlexT dit :

    Salut Pascale! Première fois que je commente mais je lis tout tes billets, toujours très pertinent et celui-ci me parle particulièrement. Merci du partage de tes nombreux conseils, j’ai vraiment mis le focus sur l’entrainement du mental depuis le début 2017 car il m’arrivait souvent de sombrer rapidement dans le négatif lors d’une course. Donc je vais assurément inclure une couple de tes trucs dans mon coffre à outil! Merci!

    • Pascale dit :

      C’est donc gentil! Tu devrais me voir le sourire. :D

      Et tu as pu mettre ton entraînement mental à profit depuis le début de l’année? Dans tous les cas, 2017 est encore à faire.

      MERCI ++!

  4. Pascale dit :

    Merci les gars! Je lis vos gentils commentaires et je me sens comme une tite fille à Noël qui déballe ses cadeaux! :D

  5. Norm dit :

    Tellement vrai….pis change le mot  » course » pour le mot  » vie  »……pis ça marche aussi……

  6. Lalande Michèle dit :

    J’allais justement partager avec vous que tous ces conseils (ou presque) peuvent s’appliquer à notre vie quotidienne.. et la sérénité (qui pour moi est le bonheur) s’ensuivra. Merci Pascale!

  7. Chostakovitch dit :

    Bonjour Pascale,

    C’est agréable de nous livrer quelque chose d’autre qu’un récit de course, bien que leur lecture fut tjrs heureuse. Ce sont des réflexions fidèles à toi-même. Te suivre et te lire m’épuise! Tu as une telle rigueur et détermination! T’arrêtes-tu parfois? Comment te sens tu lorsque tu en as l’occasion? Ta fille vie t-elle quelque peu le même malaise que moi à ton endroit. Même malaise que ma conjointe vit à mon propre endroit (à une autre échelle…) Comment as-tu vécu ta diminution de volume l’année dernière en raison d’une blessure?

    C’est formidable de voir de plus en plus de personnes (filles) s’épanouir dans la performance. Une collègue de bureau, Cindy Mercier, à suivre sur Strava, me racontais qu’elle réalisera le Canada Man/Woman du Lac Mégantic (~4km de nage, 180km de vélo avec 2600m de D+ suivi d’un marathon de trail avec 1600m de D+, en complète autonomie, pas de ravitos offerts par l’organisation) prochainement. Le goût du triathlon lui provient de son conjoint qui le pratique depuis 20 ans. Pour sa part, elle le pratique depuis seulement 4 ans. À sa seconde année, elle réalisait son premier Full IM. Fréquemment, elle marchait péniblement au bureau, au moins à deux reprises avec des béquilles… Maintenant elle doit attendre son conjoint 3 minutes après une grande ascension en vélo…

    Vous êtes de la même trempe Cindy et toi.

    Longue vie à votre détermination et votre bonheur.

    • Pascale dit :

      Bonjour Chostakovitch :)

      Riche commentaire, nombreux sujets.

      D’abord, merci de me faire connaître Cindy que j’ajouterai avec plaisir sur Strava, tu m’as bien cernée, toujours motivant de suivre des filles qui travaillent à repousser leurs limites voire les écrabouiller. :) Et ce long tri à Magog semble tout un défi!

      Ensuite, je reviens sur ton intro, juste un petit détail: par exemple sur ma page d’accueil, il y a l’amorce des 11 derniers billets. et 6/11 ne concernent pas de récit de course. ;) Hihi, je le prends quand même comme un compliment pour mon tout dernier billet. Merci.

      Pour ma fille, je suppose que tu parles spécifiquement de la course face à moi? Bah, pas de soucis, elle ne l’a pas comme passion ni même comme sport principal, alors elle est bien heureuse de ce qu’elle arrive à courir quand elle se fixe un objectif et l’atteint.

      Ton épouse face à toi… mmmm… ça c’est tout un sujet. La petite envie/jalousie/compétition (je cherche le mot) entre conjoints. Donc, tu es un coureur? Un triathlète? …tu parles bien de course? :)

      Bien sûr que je m’arrête, et arrêtée pour vrai là. J’adore lire et les bonnes séries télé du monde entier alors mes rdv divan sont nombreux. Ajoutons de la pluie à ça, les fenêtres ouvertes, j’écoute, je suis à off. Bref, oui, je m’arrête souvent.

      L’an dernier, blessure = découverte du vélo de route que j’adore. Pas eu le temps de pleurer ma patte cassée!

      Merci beaucoup pour ton commentaire. Au plaisir de relire ta signature ici!

  8. Patrick dit :

    Rien à ajouter sauf que je confirme ce que Pascale écrit, je l’ai vécu ;-)

  9. Sonia dit :

    Moi j’avoue que mon mental m’a un peu lâché ces derniers mois… peut être parce que je n’ai pas d’objectifs cette année et que j’avais envie d’un lâcher prise…. mais je dois vivre avec les conséquences et hummmm pas facile!!!!
    Pour la question des jambes lourdes en fin de marathon, si je pense à chicago, je n’ai pas eu le feeling… même si oups… le pace s’était mis à ralentir un peu après le 35ekm…. au 40e quand j’ai vu que encore pire… laisse moi te dire que j’en ai eu des jambes pour aller rechercher ma minute pour atteindre mon objectif!

    • Pascale dit :

      Lâcher prise est certainement nécessaire de temps en temps. Et tant qu’à lâcher prise, savoure les bons côtés de la chose. C’est un peu ce que j’ai réussi à faire l’an passé blessée. D’ailleurs, je dis souvent qu’une blessure a plein de bons côtés: repos forcé, changement de certaines habitudes, décrochage temporaire de la performance donc recharge des batteries mentales, etc. Tu n’es peut-être pas blessée, mais tu profites du reste. Te connais quand même pas mal depuis le temps, tu rebondiras dans un beau défi. :)

      Donc, le tigre était en toi et tu l’as fouetté quand il le fallait. Voilà.

  10. Nicolas Turgeon dit :

    Ah la fameuse dureté du mental, ça me rappelle malgré moi Marc Messier dans Lance et Compte :-) Effectivement, un tigre, ou, ce qui m’est arrivé à quelques reprise, un autre coureur tout près, en fin de course, ça nous donne des ailes. Sauf qu’immédiatement après, je suis sur le bord de la crise de coeur! Alors ça fonctionne certainement à court terme, mais sur quelques kilomètres? Vaut sans doute mieux que le tigre ne soit pas trop enragé :-)

    • Pascale dit :

      T’inquiète, je n’arrive jamais à parler du mental sans entendre ça. Et me sentir un peu ridicule. :)

      Le tigre est une figure de style poussée, elle sert surtout à venir souligner que la relativité des jambes lourdes existe et donc, que la tête y est pour quelque chose. Mais tu m’avais comprise, comme toujours. :)

      Et ta phrase sur l’autre coureur, impossible de ne pas penser à ceci. 1’26 de pur bonheur à regarder. Tu l’as sûrement déjà vu 10 fois toi aussi, mais je ne m’en lasse pas. Une fin de course de rêve.

      https://www.youtube.com/watch?v=ccuvUuryHwo

  11. Melly dit :

    Mes points forts: je suis de nature optimiste et quand je cours avec d’autres, ils sont toujours meilleurs que moi (ma petite soeur et mon fils, genre. Une chance que j’ai pas d’orgueil. Tiens un autre point fort.).
    Mes points à améliorer: pas mal le reste!
    Sérieux, je suis pas forte forte du mental. Je suis bien consciente par contre que je devrais travailler ça. Merci pour toutes ces pistes. Et je garde l’idée du tigre. RRRR.

    • Pascale dit :

      «Une chance que j’ai pas d’orgueil.» Hihihi, je suis partie à rire ici.

      Ben oui ça s’entraîne je pense. Ok, il y a certainement une part d’inné ou de personnalité (on voit des gens n’avoir rien eu pour eux dans la vie sinon du mépris de leurs parents fous et pourtant, sont forts pour quatre). Mais je pense que les athlètes olympiques par exemple n’ont pas des coach du mental à leur disposition pour rien. C’est que ça se travaille.

      Ne pas être affecté négativement dans notre cheminement par les meilleures performances autour de nous, c’est déjà un bon départ. Il y a vraiment 2 types de personnalité à ce chapitre. Ceux qui n’aiment pas spontanément les meilleurs qu’eux, et ceux qui s’en inspirent. Donne-moi 10 minutes de jasette avec inconnu et je sais de quel bord il se trouve intrinsèquement.

      Ou encore, dans la même veine, je lisais l’autre fois un coureur dire que ça le faisait ch… de voir les autres courir car il est blessé. Ça m’a fait me pencher sur comment moi j’étais l’an passé et… ben pendant ma blessure, je n’ai jamais cessé de suivre les amis et d’être heureuse de leur succès. Au contraire, ça me motivait à guérir au plus sacrant. J’en ai même profité pour aller bénévoler à des courses.

      Enfin, tout plein d’exemples, mais il est certain qu’il faut d’abord aimer profondément ce qu’on fait pour être fort mentalement là-dedans. Ce que je soupçonne ne pas être le cas chez nombreux coureurs et coureuses qui aiment surtout pouvoir dire qu’ils courent.

      Ohhhh me suis lancée dans ce commentaire… j’ai pensé effacer et pis non, je pèse sur «Envoyer». :)

      Merci Melly!

    • Pascale dit :

      Mais j’y pense, arrête-moi ça ‘pas forte forte du mental’! Repense à ton expédition et redis-le sans rire. ;)

      • Melly dit :

        Tu as bien fait de laisser ton commentaire. C’est une annexe bien sentie!
        Quand je dis que je suis pas forte forte du mental, je pense que ça fait référence au fait que je ne peux pas me driver juste à la discipline. Ça me prend un nanane, genre un nouveau trajet, une nouvelle destination, une nouvelle playlist. Bref, quand je m’ennuie, je faiblis.
        Cela dit, en rando, je suis pas tuable. Je vais pas vite, nenon, mais j’arrête pas. Un pur diézel. Et oui, une longue expé ça se fait beaucoup avec la tête.

  12. Alexandre Allard dit :

    Wow, quel beau papier! L’essentiel du texte m’interpelle de bien bonnes façons, Ainsi que les commentaires des amis coureurs! Je crois aussi fortement à la force du subconsient, mais des fois y faudrait qu’il parle au mental aussi!

    • Pascale dit :

      Oui, cool que tu le soulignes pour les commentaires des coureurs, car au-delà du plaisir de recevoir du feedback (hum, rétroaction) et des bravos, ça bâtit une fichue belle source d’infos et d’expériences je trouve!

      Merci Alexandre!

  13. Valcox dit :

    Toujours très intéressant de te lire, Pascale :) J’aime surtout la dernière partie de ton article, sur le fonctionnement du cerveau. C’est tellement vrai ! C’est là à mon sens qu’on fait preuve de force mentale, si on arrive à faire taire ces petites voix qui nous incitent à lever le pied. Dans notre for intérieur, on sait très bien distinguer les signaux d’alarme vitaux (qu’il faut écouter bien sûr !) de ceux plus sournois qui visent comme tu le dis si bien à nous préserver.
    Et je vais quand même écouter un autre de tes conseils : regarder en arrière et voir le positif :)

    • Pascale dit :

      C’est une belle petite manie à avoir ça, le doute monte, hop, on regarde ce qui est concret et nous rendait fier dans un passé pas si lointain. :)

      Merci Valcox! J’adore te lire aussi. :)

  14. Pat F dit :

    Je vais exprimer une pensé encore mal formé.

    Le mental est il plus important que le physique ? Est ce qu’une préparation physique adéquate vas influencer le mental ? Est-ce possible, lors de nos succès, que nous créditions un mental fort quand ce mental a été influencé par une préparation parfaite qui a affûtée notre physique ( qui a son tour à influencé notre mental ). On crois donc que notre mental est fort.. mais notre corps est prêt et n’a pas a puiser dans des ressources mentales qui transcenderaient nos limites physiques ( ou qui permettraient de nous rapprocher de ces limites )

    Je suis un peu dubitatif lorsque je lis sur internet des gens dire que si l’ont crois être capable de faire quelque chose ont vas y arriver…. Comme si le positivisme est plus important que le travail et la discipline. ( je comprend que ce n’est pas ce que ton texte implique. Je transgresse et travestie BEAUCOUP ton propos pour faire dévier la conversation sur plein d’autres choses que je lis sur le web. )

    Encore une fois.. je pense à haute voix.. je n’affirme rien… Je n’ose même pas me relire de peur de me trouver niaiseux ;-)

    • Pascale dit :

      Feyooooou que tu soulignes que ce n’est pas mon propos. J’ai eu peur. :)

      Sérieusement, je suis une apôtre de -Entraînement, entraînement, entraînement-. L’entraînement c’est la base. Je le mentionne plusieurs fois, et je dis même «si entraîné pour ça».

      Et en effet, il y a des maudites limites à espérer le miracle du mental. À moins que ces gens aient des pouvoirs dont j’ignore l’existence.

      Pour ma part, j’ai un paquet de noms qui me viennent en tête, qui s’entraînent beaucoup et bien et qui pourtant… en tout cas, ça devient délicat. La tête fait la différence pas de doute pour moi (et la stratégie, mais ça, c’est partie intégrante de la force mentale que d’être apte à faire un recul et voir notre potentiel et comment l’exploiter… et d’autres choses bien sûr). C’est du donnant-donnant. Alors on serait fou de s’en passer!

      Mais oui, c’est fou tout ce qu’on entend. :)

      Merci pour ton commentaire! Peut-être que ça en appellera d’autres à venir écrire les propos ‘bizarres’ qu’ils entendent dans le merveilleux monde de la course. :)

    • Pascale dit :

      Enfin, moi me suis relue et si je réponds tout ça c’est que c’est fou comme l’écrit public, donc à des gens qui nous saisissent moins dans les détails, génèrent des messages reçus en privé qui surprennent. Tu as déjà eu un blogue me semble?

      En tout cas, les joies de la perception. Juste plus haut, quelqu’un me dit « c’est bien un billet sur autre chose qu’un récit ». Euh, la majorité sont sur autre chose. :)

      Ou encore, comme certaines frustrations cherchent à se canaliser dans quelque chose qui se voulait une blague nounoune. J’ai une belle banque de courriels souvenir. :)

      Et dans le billet sur le mental, j’ai justement tenté d’éviter qu’on le lise comme un appel à faire affaires avec Mesmer avant une performance marathon. :)

      Cela dit, j’étais justement sur le point de publier un billet dans lequel je déconne un peu plus fort. Je vais le mettre pour les abonnés seulement, pas de chance à prendre. :)

    • Pascale dit :

      Encore moi coucou! C’est quelle est intéressante cette question.

      Pour répondre à ton point plus précisément est que oui je pense aussi qu’un bon entraînement nourrit le mental, mais on voit même des pros casser qui disaient pourtant dans les semaines avant qu’ils se sentaient au sommet de leur forme. Alors que l’autre à côté de lui a tenu, parfois entraîné par le même coach… Un bon entraînement ne peut pas chasser tous les doutes ou les maux qui peuvent se pointer en cours de route.

      • Pat F dit :

        J’ai rarement vu quelqu’un qui anime son blogue avec autant de rigueur.. Félicitation !

      • Pat F dit :

        c’est une réflexion post Ottawa qui me trotte dans la tête depuis 3 semaines.. tsé avant ce marathon je crois que ma préparation physique était assez bonne. Mais la vieille de la course et sur la ligne de départ je doutais autant que je doute avant toute mes courses…

        je crois que ma confiance et ma force du mental me sont apparues quand que je sentais mes jambes me porter convenablement par dessus le 30e kilomètres. Aurais je pu garder un aussi bon état d’esprit pendant les dernier kilomètres si mon physique avait flanché ??? Aurais-je pu transcender une fatigue et vaincre mon tigre ?? je n’ai pas la réponse. Je ne peux pas dire si la poule vient avant l’oeuf.

        • Pascale dit :

          Oui, sauf que c’est exactement la définition de la ‘mental toughness’ de passer au travers des difficultés. (La page wiki est super intéressante à ce sujet) Crampe, chaleur, vent, etc. La force mentale c’est dans l’adversité et non quand on a une marge et que tout demeure sous contrôle.

          Si tu n’as pas vécu d’adversité, ça n’enlève rien à ta belle course, bravo, et parfaite gestion pour assurer ton objectif, mais on n’est juste pas dans une situation d’adversité qui demande de puiser plus loin. Si tout s’est bien passé intérieur comme extérieur à toi, tant mieux, la course ce n’est pas toujours ça. Et si rien a fait mal, c’est que tu étais loin de ton PB potentiel non? Je dis ça en lien avec Longueuil. Je n’ai pas été tough mentalement, je ne suis juste pas allée visiter mon plein potentiel. J’ai bien géré mon objectif.

          Quand je me pointerai pour briser 1h26, qu’il fera 8 degrés de plus que prévu la veille, et qu’une douleur au talon de pointera en chemin, on verra mieux ce que j’ai entre les deux oreilles… ce jour-là. Je dis ce jour-là parce que rien est définitif. On peut casser mentalement et revenir fort la fois d’après…

          Et la force mentale, c’est aussi comment on se relève d’un échec.

          • Pascale dit :

            J’ai corrigé, le coup était parti tout seul alors que j’écrivais en marchant. :)

          • Pat F dit :

            MMmmmm.. pas fais sans difficulté.. mais disons que mes pensées étaient plus positives.. Est-ce qu’elles étaient plus positives parce que j’étais plus performant ou j’étais plus performant parce que je me sentais plus positif ? Je n’ai pas la réponse et me questionne encore. Aurais-je pu oublier mon mal de quadriceps avec un mental plus fort et aller chercher 2-3 minutes.. Difficile à dire. Peut-être.. surement.. pourquoi il n’y pas de tigre à Ottawa ?
            On aurait pu être fixé.

  15. Nicolas Turgeon dit :

    Je lis ça et je pense qu’il y a un détail qui n’a pas été abordé: touts les types de difficultés ne sont pas égaux et ne peuvent sans doute pas être surmontés autant l’un que l’autre par la force du mental. Par exemple, on peut sans doute passer par-dessus la douleur, mais si ça mène à une fracture, mental pas mental, t’es foutu. Ou encore la chaleur, j’imagine qu’à un moment donné, le corps devient juste trop chaud et qu’il n’y a rien a faire? Il me semble que la « simple » fatigue, par contre, a davantage de chances de se surmonter par la volonté…

    • Pascale dit :

      Bien sûr que ça varie selon la chaleur, et bien entendu que parfois, il n’y a rien à faire pour un objectif chiffré Y prévu en fonction d’une fourchette de température X. J’en parle souvent ici d’ailleurs.

      Au 30k des Vignobles, qui fut pour moi une course beaucoup plus difficile que mon 21k de Longueuil, et où j’ai eu à lutter dans ma tête les 3-4 derniers km, il faisait chaud, mais pas assez pour que ça devienne un casse-patte total. Tu vois?

      Pas comme ta course à toi de dimanche où c’était carrément un four. Là, le mental a ses maudites limites. Personne accoté sur un PB n’aurait pu le faire tomber dans ces circonstances. :)

      Une fracture même chose , c’est majeur! Remarque qu’il y a toujours ces athlètes qui dans un objectif ultime, courent sur une fracture. Dont la fille et le 1000 (3000?) mètres haies, tu l’as vue? Débile. Elle ne voulait pas laisser tomber, l’os lui sortait par la peau (je mets ça pire sans doute mais c’était pas beau).

      Mais oui, tout est relatif. Sauf qu’il faut aller accoter nos limites pour voir de quoi on est capable mentalement… et ça ne se voit pas toujours sur un chrono.

      C’est pour ça que dans mon billet de mon 21k de Longueuil, je le dis sans gêne: j’ai été trop conservatrice dans mon objectif ET pendant ma course où je voyais finalement que j’étais une miette trop confortable à cette allure pour pouvoir appeler ça une lutte contre moi.

      Mon marathon de la rouge tiens, ça, ce fut tout un combat. Je revenais de loin en plus. Le dernier 5km fut dur déjà, mais le dernier kilomètre s’est compté par 50 mètres (pour tenir mon allure et briser le 3h10… je n’aurais pas pu faire mieux ce jour-là).

      En tout cas, autant de coureurs, autant de situations, autant de nuances.

      Ce qui est nommé dans ce billet (issu de diverses lectures) est une façon d’aborder tant notre entraînement que nos défis avec dossard et les éventuels échecs, etc. Un gros tout pour être plus fort entre les deux oreilles quand arrive le plus dur, quel qu’il soit.

      Et parfois, pour faire un lien avec ce que tu écris, être mentalement ne veut pas dire «Oui oui un miracle contre mettons des vents à 40 km/h se peut», mais ça sert certainement à limiter les dégâts et faire mieux que d’autres autour de nous qui eux, s’écrouleront totalement face à cet élément hors de notre contrôle.

      • Pascale dit :

        Ah ah ah! Je t’adore. Écoute, j’ai lancé une hypothèse sans jamais même pensé que ce fut facile. Ça demeure un fichu marathon dans des temps où on n’a plus une grande marge, mais là bon, on jase de ce qui se trouve entre la tite marge et la mini marge (ou le pas de marge pantoute?). Et tu vas voir, l’écart ne fera que rapetisser dorénavant. ;)

        Et le vent peut toujours se lever en plein marathon! Je l’ai vécu à Reykjavik le bout sur le bord de l’eau. BOUM. J’étais pas très prête à y repenser, je me sens plus forte maintenant pour cet élément.

        Cela dit, j’étais pas dans tes souliers. Mais je rugirai derrière toi la prochaine fois si tu veux. ;)

  16. Isabelle Watier dit :

    Il y a plusieurs façons de « tromper » le cerveau, pour déclencher une réaction physique bénéfique. Il y a quelques articles vraiment intéressant sur le sujet. Exemple: crier (vraiment crier…) pour déclencher un boost de testostérones, sourire, même rire, pour faire oublier la douleur, inspirer-expirer profondément pour aller chercher un peu plus, etc. Ne pas oublier le mantra pour déjouer le cerveau.
    J’aime bien l’idée du tigre qui te court après pour déclencher l’adrénaline! Je dois l’utiliser celle-là et je te citerai lors de son usage….. Merci Pascale!

    • Pascale dit :

      Oh oui tout à fait! Sourire et crier, en effet, lu de bons articles scientifiques là-dessus. c’est tellement intéressant comme sujet je trouve, il y a tellement de choses à dire. Et le mantra bien sûr. Jamais sans mon mantra que j’avais écrit en 2014, je n’ose pas me relire hihihi, mes idées évoluent j’espère. Mais oui, ça m’avait fait lire un paquet d’articles aussi. Sujet fascinant que la… dureté du mental. :)

      Mais rire contre la douleur, c’est la première fois que je la lis celle-là. Ça a du sens. :)

      Merci à toi chère Isa!

      Et je mets le lien ici pour les nouveaux. Si jamais…
      http://pascaleberthiaume.com/jamais-sans-mon-mantra

  17. Ta liste est bonne mais le côté rose seulement.

    Il y a aussi le côté noir.
    Pendant l’épreuve on décide de ne pas écouter les messages.
    Au début de fatigue, puis de douleur… Puis vient le sacrifice. Les athlètes vont loin.

    En entraînement, c’est une question de priorité et de renonciation au reste. 5h, 10h, 40h par semaine?
    Aussi, il faut pouvoir fournir l’effort pendant l’entrainement. C’est pas donné à tous.

    • Pascale dit :

      Attends ti peu toi-là, je crois cher Alex que tu as lu mon billet à l’envers. :) Car c’est exactement un billet qui donne des pistes du quoi faire en entraînement pour justement, affronter plus solidement ledit côté noir, les côtés sombres d’une course courue en performance. Bref, dans la grosse adversité. Hihi, sacré Alex. :)

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