Voilà c’est fait! Mon tout premier ultra et qui plus est, un ultra trail. Un 50k de l’Ontario ultra and trail race series. Ahhhhh tant à dire sur cette course. En résumé? C’était l’fun en maudit!

Un trail de rêve, rien de moins. Un parcours corsé que j’ai littéralement défoncé pour une première course du genre. J’étais en feu, oui oui, j’ose le dire. Autant le port du dossard ne m’a pas tentée en juillet, autant j’avais bouffé du lion en ce 8 août au matin.

Creemore Vertical Challenge

Creemore Vertical Challenge

Distance: 50k (51k)
Parcours: 2 fois la boucle de 25k

Dénivelé +: 1800m
Chrono: 4h47
Classement: 1ère femme (7e)

Ma précédente distance la plus longue? Mon marathon de Séville de 42,8k, parce qu’étant passée à côté d’une fille qui s’était effondrée, remplie de remords que j’étais, je suis revenue sur mes pas pour aller l’aider. Mais le marathon était bel et bien mon plus long.

Et côté trail, 3 en tout. Le 25k du Bromont Ultra (23k), Orford en 2011 (21k?) et celui de la tribu en 2012 dans la neige (20k).


Le Creemore Vertical Challenge (CVC)

Le CVC est une course au nord de Toronto près de la Baie Georgienne, dans le comté de Simcoe. Limité à 250 coureurs, ce trail est organisé depuis nombreuses années par un coureur passionné du dénivelé. Il possède un vaste domaine et beaucoup de sentiers. Résultat? Il nous reçoit sur sa terre montagneuse (et obtient le droit de passage chez ses voisins le temps de l’évènement).

Tout est planifié au quart de tour, système de puce inclus. De la qualité quoi. Une vraie de vraie comme une grosse course officielle, mais limitée en nombre. Traitement princier, ambiance feutrée.

L’organisateur mentionne même sur son blogue que le Runners World UK place le CVC dans le top 50 des courses internationales!

Un commentaire laissé sur MyNextRace, un site de cotation des courses (de 1 à 5 bananes, où tous ont donné à cette course ‘5 bananes’) :

« Great race, great scenery, great friendly atmosphere. Lots of hills. The anti-mega race. »

Et des coureurs internationaux venus pour une «petite course»: USA, Népal, Écosse (et d’autres pays que j’oublie).

Une coureuse élite du Népal (membre de l’équipe olympique) y était et a éclaboussé le record de parcours en 2h01. La 2e est aussi une star du trail qui était venue pour le record au 25k (qu’elle a aussi brisé avec 2h03), mais oups, trop de gros noms le même jour pour la première marche. :)

Je vous mets tout de suite une vidéo trouvée qui fait un excellent survol, comme ça, pas besoin de vous taper mes 14 paragraphes! Il manque les hills dans la vidéo, mais on en parle par contre, sous le nom de monsters.

L’inscription
Année après année, on doit s’inscrire d’avance sauf depuis 2 ans, soit depuis l’arrivée de la North Face Blue Mountain tout à côté et à peu près en même temps, permettant quelques places pour les retardataires… tadam! Moi!

(C’est le cas pour la plupart des courses d’ailleurs, route ou trail, l’offre ne faisant que grandir dans le merveilleux monde de la course. Même Ottawa n’était pas complet…).

Ainsi, 17h30 jeudi, assise devant mon ordi à Montréal (ordi que j’évite le plus possible en vacances au point d’avoir éteint mon compte FB cet été), alors que je regarde les 5k dans le coin où nous partons camper le lendemain (Presqu’Île), sur un coup de tête, moi qui ai un marathon dans 2 semaines, je vois ce trail dans la liste et succombe subito à la tentation en lisant le blogue de l’organisateur au sens de l’humour aiguisé.

À 30 minutes de la fermeture des inscriptions, clic c’est fait: Mon premier ultra ce sera.

J’ai tout de même opté pour le 50k au lieu du 75k, car je ne suis pas non plus complètement timbrée. J’ai beau prendre cette course en guise de dernière longue avant mon marathon, disons que 75k, j’étirerais ma chance un peu trop. :)

Ce fut un peu osé tout de même, d’autant plus que j’avais déjà 68k dans les jambes cette semaine, dont une séance de 26k le jeudi matin, comprenant 4 X 2k à vitesse 10k. Une bonne grosse séance qui ne laissait pas du tout entrevoir un premier ultra 2 jours plus tard, soit le samedi.

Mais ahhhhh, quelle bonne idée j’ai eu finalement: une fin de semaine de rêve!


Mais qu’est-ce que c’est comme parcours, ce Vertical challenge?

D’abord, le décor? Enchanteur. Pas de farces, je ne voulais plus en repartir. De la verdure, des routes de terres, de la forêt, des côtes. Et une rivière qui passe sur le terrain de l’hôte, la Mad River qui porte délicieusement son nom et qui nous attend à l’arrivée pour nous masser les jambes, pendant que notre plaisir est orné d’une bière-à-volonté du brasseur local que l’on boit en se racontant notre exploit du jour.

La Mad River qui soulage de tous les maux post-course.

La Mad River qui soulage de tous les maux post-course. Source: Outrace.ca


3 choix de distance

Un évènement qui offre un 25k, 50k et nouveau de cette année, un 75k. Et 900m de dénivelé positif par tour de 25k. De bonnes grosses montées. La course ne s’appelle pas le Vertical challenge pour rien!

Il y a ce gars qui a aussi écrit son Creemore Verticale Challenge – race report, un très drôle et juste aperçu de la course.

Question dénivelé positif total, ça ressemble grosso modo au Québec Mega Trail,  au XC de la Vallée, la Chute du diable et un peu plus de dénivelé que le 25k du Bromont Ultra. Évidemment, les trails se comparent difficilement. (C’est d’ailleurs aussi vrai pour les courses sur route dans une moindre mesure.)

Et comme je n’ai moi, aucun comparable encore à mon actif en matière d’ultra trail, je me fie aux données des autres coureurs pour vous faire mon appréciation de la difficulté. D’autant plus que mon modèle de Garmin n’assure pas en montagne. Mais pas grave, le parcours était bien balisé côté distance.

Le Vertical, un des plus durs défis de l’Ontario selon eux et les directives/conseils que l’on retrouve dans le rigolo guide du coureur. Mais je ne sais pas moi hein, c’est mon premier!

Un parcours qui a comme squelette des boucles ici et là qui reviennent sur des segments de routes de terre où sont installées les ravitos. Et on retourne dans le bois ensuite, là où nous attendent les réels défis. Remarquez qu’après la course, la majorité des coureurs grognaient contre ces segments de route aux gros cailloux (dirty roads). Moi pas, ça me permettait de me faufiler.

Et dans ce parcours (c-a-d par tour de 25k), 4 Hills. Évidemment, un paquet d’autres côtes, mais ces 4 Hills sont le clou de la course et identifiés en soi par de bonnes blagues de l’organisateur écrites à la main sur des pancartes. J’ai ri chacune d’elle 2 fois (2 X 25k…). :)

Un exemple de pancarte? –This is not a hill- juste avant une côtepour ne pas que l’on confonde avec un des 4 famous Hills. Ou encore, devant une autre montée abrupte –Hill repeats (optional)-.

Bonne idée ces blagues de parcours.  Et tellement sympa cette course dans son ensemble, pas une seule faille. Et une réelle ambiance maison (et une cueillette de dossard le matin même… Quin toi chose!).


De quel type de coureuse es-tu?
Cette question m’aura été posée au moins 10 fois après la course. The one who runs, j’ai répondu plus souvent qu’à mon tour. Je n’aime pas trop les catégories. Donnez-moi simplement la chance de mettre un pied devant l’autre, le plus vite possible, et je me sens bien.

Cela dit, je peux difficilement imaginer une meilleure initiation à l’ultra trail qu’avec ce Vertical challenge. Même que le dernier kilomètre (donc 2 fois) nous fait par deux fois (donc 4, vous me suivez?) descendre dans des ravins desquels on doit ressortir à l’aide d’une corde tellement c’est abrupte. Une touche d’aventure supplémentaire.

Mais j’ai très peu marché au final, c’était mon défi perso.

Et les fameux 4 hills (donc 8)? Ahhhh que j’ai voulu les courir en entier en suivant les conseils d’une autre pancarte –Dig Deep-, qui est en fait le cri de ralliement de l’évènement. Mon orgueil de coureuse me dictait de courir, mais la loi de la gravité me ramenait à la réalité. Je me suis donc résignée à en marcher les pires bouts. Autant en montant qu’en descendant les très techniques descentes qui me rappelaient comme la vie peut être courte.

C’est pas pour rien je crois que Brel chantait ceci, lui qui devait courir en sentiers entre 2 spectacles…

«Je sais depuis déjà.
Que l’on meurt de hasard.
En allongeant le pas….»

Cela dit, toutes ces belles montées et descentes, je ne les ai malheureusement pas en photos car J-P est resté au site de départ/arrivée tout le long.


Et en gros, satisfaite de cette course?
Ô que oui! Mais disons-le, elle a commencé par une première erreur de débutante. Il faut bien inaugurer un type de course en prouvant qu’on n’y connaît pas grand chose non? ;)

Le départ. Je suis partie complètement derrière, par humilité devant tout ces coureurs qui semblaient (et sont, je le saurai après) plus expérimentés les uns que les autres en trail. Dans de petits événements comme ça, on retrouve souvent un max d’initiés…

Et équipés surtout. Ça impressionne toujours ces looks de départ sur mars avec tout ce que je découvre comme équipement possible.

Comme je n’avais pas trop étudié le parcours, j’ai découvert trop tard que les premiers km sont plutôt plats et que si on a du temps à gagner, c’est en plein là. Sauf-que-sauf-que, ça commence en single track dès la sortie du stationnement (à voir dans la vidéo ci-dessus)Ben oui, vous savez, là où il est impossible de dépasser.

Je me suis donc tapé du beaucoup trop lent sur le début de premier tour. On ne m’y reprendra pas. Et je vous dirai plus loin pourquoi ça aurait été une bonne idée pour moi de partir devant.

cvc-2

Départ derrière, mais déjà un peu plus devant après 100 mètres. Je crois que je cherche à dépasser…

Il y a de la joie!

CVC - départ

Départ (suite). J’ai un segment de 200m pour aller chercher quelques coureurs.

Mon équipement à moi? Ben euh, une pochette que j’ai rapidement larguée, ne contenant que mon cell et un gel. Mon cell, parce que J-P voulait me suivre en temps réel avec l’application de MapMyRun. Après le premier tour, swing la pochette et le cell dans l’fond de la boîte à bois.

Et sinon? Mes précieux Mizuno (les mêmes que sur route, je terminerai d’ailleurs ce premier 50k sans l’ombre du début d’un pied magané ou autre marque de l’effort que représentait cette course, je vous dis, j’aime ma théorie sur les souliers…).

Et sinon, short & camisole, c’est tout. On offrait le service de drop bag, mais au fait, quoi mettre dedans pour 50k? Tout me semblait superflus. Il y a des ravitos non? C’est tout ce dont j’ai besoin pour courir, un peu d’eau et de sucre. Et ma volonté.

Donc je disais, un départ trop lent pour le titre que j’aurais pu décrocher (mais que j’ignorais alors).

La ‘course’ a donc vraiment commencé en quittant la première single track, sur une première route de terre à gros cailloux qui nous menait fièrement à la première bonne grosse côte pour finalement entrer dans le vif du sujet: le bois.


Variété de surfaces et mes rivaux du jour 

Roches, boue (pas trop, fiou), racines, tapis d’aiguilles de pin (ma partie préférée), champ de tiges de je ne sais quoi, foin qui cachaient de bonnes roches tord-cheville, sentiers de terre, descentes ultra sableuses et glissantes parsemées de roches dont je voulais à tout prix éviter de terminer la tête sur. (Excusez mon français, c’est l’émotion.) Une belle palette de surfaces quoi.

Je ferai d’ailleurs la rencontre à ce point précis dans une descente-casse-toi-pas-le-cou-si-possible-le-4X4-ne-s’y-rend-pas, de Monsieur Testostérone lui-même.

Oui oui, j’ai baptisé tous mes amis du jour, affectueusement bien entendu. Si j’ai une mémoire phénoménale des visages, je suis plutôt pourrie avec les prénoms. Mais les surnoms eux, héhé, ils collent. :)

Donc je disais, Monsieur Testost… appelons-le même Monsieur T, n’a pas la case au cerveau du genre -Pouvoir courir encore demain-. Lui une descente, il se dit simplement: Avoir la foi.

Il me le confirmera après la course de vive voix. Fallait le voir me passer comme une balle dans les descentes, fffzzzzzziou (bruit de balle de fusil).

Ben parce que moi la foi, je l’ai pas tant, tsé. Je tiens à la vie un ti-peu plus faut croire. Surtout à la course je devrais dire. Se péter la fiole pour gagner 10 ou 20 secondes sur un trail de 50k? Nan.

Bref, il me dépassait toujours dans une descente. Je le rattrapais toujours un peu plus loin. Plus de 46 kilomètres à se céder les devants en alternance. Nous en avons plus tard ri un coup lui et moi, assis dans la Mad River.

Et il m’a surtout fait rire quand il m’a dit, de l’autre côté de l’arrivée (traduction libre):

Tout le long, en te voyant aussi vite sur routes (de terre), je te devinais coureuse sur route. Mais alors, tu me suivais dans les montées. Je me disais alors que tu étais aussi expérimentée en trail. Mais c’est quand j’ai vu tes descentes que j’ai compris qu’il te manquait de pratique.

Hihi, c’était dit avec tellement bon coeur que j’ai ri. Ben oui quoi, j’aimerais ça pouvoir compter sur demain pour courir encore. Pis des descentes où je me laisse complètement aller avec la gravité comme il me suggère? Je le sens moins. :)

Et de toute façon, j’ai terminé devant Monsieur T. D’ailleurs, je crois qu’il est venu me féliciter 12 fois. Lui, mais aussi l’Allemand, Monsieur guédille au nez et Monsieur Orgueil. De sympas coureurs -qui ne donnent que dans le trail-, selon eux, des gars que je compte bien revoir en septembre (à suivre…).


Run fast but smell the coffee
Pour ce qui est de mon supporteur étoile, il était installé avec notre stock de camping au camp de base. Après l’arche, nous courions environ 200m sur une route où étaient stationnées les voitures et les sacs des coureurs. Nous rentions dans le bois après ça. Tout était parfait dans cette course je vous ai dit.

Premier 25k bouclé : petite danse de la fierté.

Premier 25k bouclé : petite danse de la fierté.

Je devrais passer au mieux dans 2h15, avais-je dit à J-P, conservatrice que je m’étais juré d’être pour un premier tour dans l’inconnu. J’ai bouclé le premier 25k en 2h15.

J-P avait fait de l’expresso sur le feu comme j’aime et parfaitement synchronisé ça avec le temps estimé de mon premier passage. Comment résister à l’envie de m’arrêter quelques minutes pour prendre un café avec mon mec? Et de toute façon, cette course était une première avec pour but de bien la gérer. Courir de mon mieux, finir en force tout en ne devant pas annuler mon marathon dans 2 semaines. Tout en bouclant une semaine de 120k.

En buvant ce café et après avoir hésité à enlever mes souliers solidement attachés pour enfin retirer Carole, ma nouvelle amie la roche qui a décidé de se joindre à moi quelque part autour du 20e km,  je demande à J-P:

Ah j’y pense, sais-tu je suis combientième?

C’est alors qu’il me regarde avec un drôle d’air: Mais tu es première! Même qu’il n’y a pas plus de 7-8 gars devant toi!

Merde t’es pas sérieux?!

Piquée à vif dans mon esprit compétitif, je dépose ma tasse dans l’herbe et lui crie Bye et merciiiiiiii!

Quelle surprise ce fut pour moi. Mais où donc avais-je dépassé tout ce monde? Ah oui vrai que dans la première côte, j’ai dépassé nombreuses personnes. Et sur le bout de route qui a suivi.

Et ah oui aussi, dans le premier Hill et ma foi, un peu partout quand j’y repense. Mais avoir su j’aurais foncé et ne me serais pas arrêtée dans TOUS les ravitos pour boire un verre d’eau suivi d’un verre de Gatorade. (Je ne bois jamais autant sur marathon d’ailleurs.)

Une chance finalement que je n’ai pas pris le 2 minutes de plus pour enlever Carole, toute petite qu’elle était à ce moment-là. Viens t’en Carole, on repart pour un 2e tour!

(C’est que je ne savais pas qu’une roche grossissait en trail, phénomène paranormal… j’ai fini avec Gibraltar dans l’soulier! Des lacets indélassables lacés comme pour un marathon sur route, erreur no. 2.)

Alors me voilà qui refonce dans la single track du début, seule cette fois, bien décidée à conserver cette première position surprise.

Là ça court. Là j’ai tout donné… tout en me gardant. Vous voyez ce que je veux dire? Se donner au maximum tout en ayant assez de jus jusqu’à l’arrivée d’un premier 50k. Finalement, la base même de toute distance quoi.

Mais je connaissais maintenant ce qui m’attendait devant. C’est l’avantage des 2 tours. Mais, ce que j’ignorais est: Comment mes jambes allaient réagir à autant de montées et de descentes abruptes, après 35, 40 ou 45k? Très bien somme toute.

Bien sûr que j’avais mal dans les dernières descentes, bien sûr que le deuxième tour fut plus lent que le premier. Et bien sûr que je marche un peu carré aujourd’hui. Mais jamais je n’ai été en détresse. Et jamais je n’ai marché là où ça se courait. Jamais je n’ai douté de pouvoir le terminer en courant ce trail.

Après tout, on parle ici de 8 petits kilomètres de plus qu’un marathon, 9 en fait (51k), mais avec (beaucoup) de dénivelé. Je me suis sentie forte du début à la fin, en contrôle de tous mes moyens. Et j’ai éliminé les Hills un par un:

One man down
Two men down

À la fin du 8e, j’avais plus d’énergie qu’après le 6e! Ahhhh ce sacré mental, toujours à jouer des tours au 2/3 des courses…

Tellement que les derniers kilomètre furent courus à fond le caisson pour le type de parcours, ce qui m’a permis de dépasser Monsieur T une fois pour toutes ainsi que Monsieur Orgueil. Oh que ce fut dur pour ce dernier de répondre à mes encouragements en passant près de lui qui roulait sur l’énergie de fond de réservoir.

L’Allemand et Guédille au nez furent eux, semés avant cela.

Et le tout dernier kilomètre avec les ravins? Moins vite certes, technique oblige, mais en chantant ce bon vieux succès I will survive. Et en encourageant les derniers coureurs du 25k.

Et finalement, voir J-P qui m’attendait après le pont et lui crier: Suis iciiiii! Me vlà!

cvc-8

L’arrivée : Me vlà me vlà!

Et tout juste avant l’arche, on doit choisir entre passer soit dans la rivière ou sur un pont qui swing la bacaisse.

cvc-9

Swing la bacaisse sur le Crazy bouncy bridge.

Et mon temps officiel. (C’est le chrono parti au départ du 75k, 2 heures avant le nôtre, à 6h du matin.)

cvc-10

L’arrivée en 4h47.

L’après course fut tellement magique que nous sommes restés tout l’après-midi au Royaume de l’organisateur. Pizza et bière locale, placotage avec tous et chacun. Et quoi encore? L’envie d’y être de nouveau l’an prochain.


Des chiffres et des lettres

J’ai gagné la course chez les femmes. Je suis très fière, je crois que vous l’avez deviné.

Ah oui, j’avais dit plus haut que j’y reviendrais : Après, en repensant au temps pris ici et là juste pour faire -esprit trail – et m’arrêter pour jaser partout (et boire un café), je le regrette un peu. Pourquoi? J’apprendrai par l’organisateur que j’ai terminé à 7 minutes du record du parcours, record établi l’an dernier par une marathonienne de 2h54 (et de 32 ans).

Entéka, pour un premier ultra trail, je suis fière de moi, sans pour autant être satisfaite. Heureuse, mais pas rassasiée. Ici et là, je sais que j’aurais pu faire beaucoup mieux.

Ah oui, vous n’aimez pas les coureurs compétitifs? Je comprends. Cependant, ce blogue n’est pas pour vous, car je le suis. Mais soyez sûr d’une chose: je suis d’abord compétitive envers moi-même. «Avec et contre moi», que je dis souvent. Le reste est la cerise. C’est le sundae qui m’intéresse le plus.

(Résultats complets)

La gagnante du 75k? Comme il est nouveau, elles n’étaient que 2. Mais c’est une fille qui ultra-court en série qu’on ma dit. Elle l’a bouclé en 8h51. Bravo c’est sûr! Mais l’affaire est qu’avec l’énergie que j’avais encore à l’arrivée (J-P m’a dit: T’es fraîche comme une fleur! (mon chum est un pouète), lui qui m’a souvent vue beaucoup plus cassée que ça…), ça me laissait donc plus de 4 heures pour mon 3e tour et ainsi me sauver avec la victoire au 75k? Eh ben…

Aussi prétentieux que cela puisse paraître, j’affirme que même calculé avec une bonne marge d’erreur dans l’inconnu, il me semble que ça aurait été dans la poche. Mais hein, je le sais bien, faut surtout pas rire de l’ours avant de l’avoir semé.

Belle première expérience qui me fait par contre réaliser que je n’ai pas souffert assez. Je vais devoir un jour ou l’autre faire face à un trail complété de peine et de misère. Mais samedi, c’était joie et force.

Et la remise des prix faits maison, charmant! Sirop d’érable et poterie. Et le sourire des chics organisateurs, un formidable couple de coureurs. (Ah oui, sur cette photo, ne me demandez pas à qui je parle, aucune idée…)

Lee Anne et Pierre, chics organisateurs du CVC.

Lee Anne et Pierre, chics organisateurs du CVC.

On est beaucoup venu me voir après la course pour me demander d’où je sortais. :) Et chaque fois qu’on venait me voir, on commençait avec cette question qui semble fort populaire:

What type of runner are you?

The type who runs, je l’ai déjà dit.


Épilogue : Carole

Fou comme une toute petite roche mal placée sous la plante du pied peut nous sembler énorme à mesure que les kilomètres défilent. Et pire encore, quand je pilais directement sur une autre roche qui venait appuyer sur Carole. Ayoye. Plus de 30k elle et moi, ça te lie d’amitié. Ça valait une photo.

cvc-11

Carole. Comment peut-elle être finlement aussi petite?

Mots-clés :
 

51 réponses à Dig deep

  1. Stéphanie dit :

    Félicitations Pascale, c’est un beau récit et ça donne le goût d’essayer ce trial-là.

    • Pascale dit :

      Merci Stéphanie. Et Ô oui que je le recommande. Je vois mal comment on ne peut pas être charmé par une expérience là. (La vidéo ajoutée vaut la peine d’être vue.) En plus, l’organisateur garde ses prix très bas par respect pour notre sport qui se veut simple au fond. L’esprit de l’événement repose là-dessus.

      J’espère que ton été de course va bien! Encore merci!

  2. Patrick Sirois dit :

    Super histoire ici Pascale, merci beaucoup de ton partage.

  3. JP - supporteur et photographe très amateur dit :

    Et avec de la Creemore Spring, Premium Lager, tout est possible!

    J’aurais dû trouver le fût plus tôt.

  4. Claire dit :

    Je suis HYPER fière de toi, et je suis tellement contente pour toi. Wow!!! Ta superbe performance, ton aise sur sentier et le gros plaisir que tu as vécus, je lève mon chapeau à tout ça!! Ton texte transpire le plaisir, je te jure, quasi contagieux car ça donne envie de s’y mettre! Ta réponse sur ton type de coureuse est géniale, et c’est tellement « toi »! (Que dire de « Rire de l’ours avant de l’avoir semé », hihi hihi!!!! Et de Carole, re-hihihi!!) Tu te souviens, y’a bien longtemps, on parlait d’un « paradis de la course », genre d’endroit magique avec parcours de rêve, etc… Cette course s’en approchait drôlement hein? Quoi qu’à lire tes récits, on se rend compte que le paradis de la course, il est définitivement dans notre attitude et dans notre passion, et ça tu les transportes partout, derrière chaque dossard que tu as portés! Gros bravo bien senti!!!! xx

    • Pascale dit :

      Hé! Merci Claire. Et oui oui oui, j’ai encore et toujours mon paradis de la course en tête. C’est d’ailleurs une des premières choses dites à J-P en arrivant: C’est le site de mon auberge de course! Le gars n’est pas fou, une course allait de soi chez lui. J’ai d’ailleurs discuté un bon coup avec lui et lui ai dit comme c’est parfait chez lui. Ahhh que ça fait rêver. J’ai pas dit mon dernier mot. ;)

      Merci Claire!

  5. Francis dit :

    Félicitation Pascale, super récit comme toujours…là, je suis à me demander quel a été mon surmon avant que tu ne connaisse mon nom!! :P

  6. Whowantstodust dit :

    Oh! Misère, que je suis heureuse de te lire ce matin. Tellement fière de toi. Toute une première. En plus, tu me donnes le courage dont j’ai besoin pour samedi prochain. Merci pour ton partage. Bon repos et je te souhaite beaucoup de plaisir pour ton prochain marathon.

    • Pascale dit :

      J’ai justement pensé à toi hier! Il pleut le ciel au complet dans le bout de Saint-Raymond. Ça va bouetter pas à peu près. Prends de vieux souliers! Ce sera mémorable sans doute! ;)

      Merci V. :D

      • Whowantstodust dit :

        Pascale, à ciel ouvert tu dis ? Il pleut des chaudières. .. et il pleuvra encore demain et jeudi. Les sentiers étaient et sont déjà très boueux. Y’a absolument rien de plat sur le circuit. Il est très, très technique mais très beau et sera oui, très boueux (glissant par endroit). J’ai décidé de ne pas mettre mes NB vu la météo. Mes Speedcross ce sera et tant pis si je les « scrappe ». J’avais envie de Bushido …

        Quel baptême ce sera pour moi. Ouf! Je crois que je dois oublier le chrono cette fois.

  7. isabelle Watier dit :

    Bravo Pascale,
    Moi qui croyais que tu vivais une petite baisse de motivation.. J’étais complètement dans les patates (et c’est tant mieux!). Quelle belle surprise que cette première place! Quelle gestion de course en toute humilité et simplicité! Quelle exceptionnelle athlète tu es! Quand je trouve ça difficile, je me demande ce que tu ferais dans ces situations et soudainement je suis capable de « dig deep ». Encore Bravo!

    • Pascale dit :

      Ben en fait tu n’étais pas complètement dans les patates. Juillet fut un mois d’extrême solitude de la coureuse de fond. En plus, pu**** qui faisait chaud! J’étais bien dans mon entraînement, mes sorties quand bon me semblait, bref, le dossard ne me disait plus rien. J’ai diggué deep quand même, mais en solo. :)

      À me fait penser que Monsieur T me racontait que c’était sa première course organisée depuis des années, que le mode entraînement en solo (exclusivement en sentiers) lui convenait. Chacun sa vie de coureur quoi. Ça m’a fait penser à toi. :)

      Pour le reste de ton commentaire, super gentil. Merci.

  8. denki dit :

    Je l’aime pas, Carole. Mais, tu l’as gardée? :)

    Du gros fun sale tout ça, tant mieux et bravo!

    • Pascale dit :

      Hihi. Mais tsé quoi, je l’ai gardée! Pour rire d’abord. Mais tant qu’à l’avoir ramenée, je l’ai mise dans mon tiroir de bureau de travail, elle va me servir. Chaque fois que j’aurai un texte à écrire qui me tente pas, ou que mon ado chignera un peu trop, ou que ou que, je regarderai Carole et je me dirai que ça pourrait être pire, je pourrais être en train de courir une troisième boucle avec Carole. :)

      Plus sérieusement, du km 45 à 50, je pensais qu’elle m’avait carrément transpercé le pied. Ben non, que des sensations grossies mille fois par des milliers de pas.

      Merci Denki!

  9. Michèle dit :

    Quelle extraordinaire surprise tu me fais! J’étais convaincue moi-aussi que tu traînais un peu la papatte, vu cette chaleur et cette humidité. Mais comme tu es courageuse! Je suis tellement fière de toi! Si on mettait ensemble tous tes textes, on pourrait publier un recueil fort utile pour ceux et celles qui commencent….

    • Pascale dit :

      C’est pas faux non plus! Me suis entraînée en juillet autant que prévu, mais quelques séances d’intensité ont pris le bord à 35 degrés!

      L’avantage est que le 26 degrés de samedi (18 au départ, 26 la dernière heure (pas regardé le ressnti par contre), ça m’a déjà paru quasi frais! :)

      Merci! :D

  10. Josée dit :

    Wow, bravo Pascale, ton texte transpire le bonheur. Je suis un peu jalouse étant donné que mon ultra de septembre est à l’eau à cause d’une blessure au genou qu’on arrive pas à diagnostiquer comme il faut. Je vois un sports docteur demain avec des résultats de rayon-x, on verra bien. Je ne cours plus vraiment depuis quelques semaines, je fais du vélo à la place un peu. Quand j’ai pris la décision de laisser le trail, je pensais pouvoir faire le marathon de Corning, NY mais même ça…ça semble irréaliste. Je vais donc focuser sur la guérison pour être prête pour Boston. En espérant que se soit pas trop sérieux. Lâche pas Pascale, c’est beau de te voir aller.

    • Pascale dit :

      Josée, les deux bras m’ont tombé en te lisant. Un ti coup de poignard au coeur. Je ne peux pas croire que tu sois encore privée de la course par une fichue blessure. J’espère que mon émotion passera bien par écrit, je suis vraiment en maudit avec toi. Merde de merde…

      Pis je comprends le sentiment de «jalousie» même si au fond, c’est plutôt un bon gros sentiment d’être en cibolaque de ne pas pouvoir suivre tes plans. Et dire que tu en es privée depuis déjà qq semaines… Pffff… Tu t’étais acheté un bon vélo de compète je crois non? Je sais que ça ne remplace pas la course, mais côté adrénaline, as-tu regardé les défis de vélo organisés?

      Tes rayons X ont-ils été pris ce matin? Donne-moi des nouvelles ok siouplaît?

      • Josée dit :

        Referral du médecin, Physiotherapy for right degenerative medial meniscal tear with mild patellofemoral chondromalacia..mild osteoarthritis.

        Instructions: decrease pain..swelling. Increase ROM, strenght, proprioception.

        J’ai hâte de voir lundi ce que mon physio va dire.

        • Pascale dit :

          Merci pour les nouvelles. Ça te fait quoi de lire le verdict? En tout cas moi, c’est pas clair. C’est comme 3 diagnostiques en un. :/

          «Arthrose légère», ça, c’est plutôt banale, je ne veux plus passer aucune radio tellement c’est toujours ça qui ressort. Je pense que la moitié du monde en haut de 35 ans doit obtenir ça, mais «déchirure au ménisque»? Te souviens-tu d’un choc?

          Et le «patellofemoral chondromalacia», ben ça, un classique qui touche tous les âges, mais ça peut être provoqué par multiples raisons, pas ben ben avancée…

          Qu’est-ce qui te cause la douleur aigue selon toi? Il t’a dit un peu plus que ça?

          Ah la la hein, comme tu dis, on va voir ce que ton physio va lire là-dedans. Ça te fait sentir comment toi tout ça?

  11. Norm dit :

    L’aventure c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin.

    • Norm dit :

      En passant la Creemore Springs Premium Lager, c’est ma bière préféré quand je va à Barrie et c’est juste à coté

      • Pascale dit :

        Norm? C’est bien toi derrière le clavier? Tu es poète aussi? comme J-P? ;)

        Mets-en qu’est bonne la Creemore SPL! Moi qui ne bois jamais de bière, 2 verres dans la Mad River. J’y pense, c’est peut-être pour ça que je ne me souviens plus à qui je parle sur une des photos. :)

        Mais hé toi, le genou? Tu as pris Josée dans ta gang ou quoi? :(

  12. Patf dit :

    Super lecture ! merci pour le compte rendu.. vas falloir que j’essaie ça un jour ces affaire la.

    Félicitations pour le résultat.

    • Pascale dit :

      Je nous y vois très bien d’ailleurs, surtout après, avec ladite Creemore dans la rivière, avec Stéphanie. :)

      Non sérieux, quel qu’il soit ce trail, ça vaut l’essai. Le Bromont 25 est un bon début, pas trop loin en plus et dans les couleurs et la fraîcheur de l’automne. Je le recommande beaucoup aussi.

      Mais là là toi, tu as du pain sur la planche ce dimanche. ;) Prêt pas prêt? Je vais suivre ça en ligne!

      Merci.

      • Pascale dit :

        Hé mais j’y pense! On a fait celui de la Tribu ensemble, avais-tu aimé ça somme toute?

      • Patf dit :

        Ça devrait être bon pour dimanche. L’entrainement à bien été et je suis bien reposé. il vas faire chaud et je ne suis pas très hot ( hé hé.. tout un jeux de mots ) dans ce genre de conditions. Je termine des vacance dans les Outer Banks et j’ai couru dans la grosse chaleur ce qui me donne un peu confiance pour la canicule de dimanche.

        • Pascale dit :

          Ok super pour le bon entraînement! Et merde pour la canicule, j’avais pas vu. On est rendu moins exigeant en août et un 20 degrés nous rendrait heureux, mais en haut de 25 pendant autant d’heures, ouf. Mais tu viens de t’acclimater un peu plus, ça aide beaucoup, alors doigts croisés!

          Est-ce que Stéphanie le fait aussi? Bon, je dois me faire ma petite liste d’amis à suivre en temps réel. Pas que je connaisse beaucoup de Ironman, mais au moins 3. :)

          Bon Go Pat Go!

          P-S. Tu peux toujours te mettre une roche dans le soulier pour la partie course, ça change les idées tu verras… ;)

  13. M-Runner dit :

    Ben moi je fais pas ça volontairement mais je me définis comme un gras de trail sauf que j’aime lire ton blogue de coureuse toute catégorie. :-))

    Je te trouve épatante. J’ai adoré ton récit aussi. J’ai regardé les résultats en long et en large et tu es forte. La moitié a mis plus de 6h et toi 4h40 c’est que ton avenir en trail s’annonce beau. Mais je sais pas pourquoi je ne suis pas surpris. C’est quoi en septembre? ;-))

    • Pascale dit :

      Hihihihi, est-ce voulu ce «gras de trail»? L’été a été… relax? ;)

      Septembre c’est un Xe projet en liste que je ne dévoile pas parce que hein, je peux aussi bien décider de ne pas le faire comme il est arrivé avec ceux de juillet. :)

      Les résultats ouais! Il y a 2 chronos qui font douter tout le monde (mais bon, passons) mais sinon oui, vrai que je suis dans le haut du classement, en position et en temps, si je puis dire. Quand j’aime une course, ça court très bien!

      Merci toi, gras trailer. (C’est toi qui le dis hein, moi je t’ai jamais vu…) :)

  14. Rob dit :

    Very good job!

  15. Un assidu dit :

    Et Bianca? Tu nous en a parlé avec tant d’enthousiasme!!

  16. Karym dit :

    Comment débuter ce commentaire? Félicitations? Hummm… Trop facile, pas assez révélateur. Je crois que quelques WOW et SUPER sauraient ajoutés à l’exploit. Sans rien enlever à l’exploit sportif, il est fascinant de voir que tu as autant de talent avec ta plume que tes souliers à la course. Du talent à revendre, quoi? D’ailleurs, on peut en acheter?? :)

    50 fois Bravo Pascale! Je t’avouerai que lorsque j’ai pris connaissance de ton résultat la première fois sur FB, une pointe de jalousie est apparue. Et oui, que veux-tu: réaction innée d’un compétiteur. Faut comprendre: 4h47, un 50km sur un parcours qui ressemble à un accordéon avec ces montées et descentes qui n’en finissent plus. Et toi qui débute le trail. Mais rapidement, je me suis dit: ce résultat lui revient pleinement. Elle court depuis longtemps mais surtout, elle s’impose une préparation comme j’ai rarement vu. Ce résultat, c’est la consécration d’un investissement en temps, énergie, ténacité, agrémenté d’une once de rage de vaincre – propre à chaque coureur. Et, tout en souriant, je me suis dit: « Le grand, c’est la preuve qu’avec de l’entraînement ASSIDU et de la volonté, tu peux aspirer à de belles performances itou! »

    Bravo pour ta détermination et continue à partager ces témoignages: c’est ta récompense et la motivation pour plusieurs que tout est possible.

    • Pascale dit :

      Karym, tout d’abord, un gros merci. Ton commentaire est non seulement gentil, mais il est super humble et transparent, j’apprécie beaucoup. Je vais tenter d’être à la hauteur avec ma réponse.

      La fameuse pointe de jalousie. Ahhhh celle qu’on vit tous un jour ou l’autre au moins une fois. Le problème, ce sont ceux qui la vivent souvent, incapables qu’ils sont de l’interpréter, de l’analyser et de la transformer en motivation. Pas ton cas, tu en fais la démonstration.

      Je discutais il y a 2 ans de performance avec une coureuse de haut niveau, du genre ben plus haut que le mien, pour savoir ce qu’elle vivait elle. Ben elle, elle ne s’en fait plus avec ça. Elle m’avait répondu quelque chose comme -Ça fait une sélection naturelle dans ton entourage, tu vas voir.- :)

      Mais bon, elle me surprend toujours envers moi cette pointe de jalousie. Car je suis -nobody at all- dans le monde de la course. Qu’une simple fille qui va frapper ses 44 ans dans moins de 2 mois (j’en reviens pas chaque fois que je l’écris) et qui tente de donner son max au coup de départ. Mais surtout avant.

      Et à vrai dire, cet anonymat me va très bien. Pendant mes 2 premières années de course, là où on s’est vu toi et moi, tu te souviens? Avant chaque départ dans ce circuit, on présentait une fille qui s’entraînait depuis 15 ans et plus, avec coach et tout et tout, et je la battais chaque fois, et chaque fois d’après, c’est elle qu’on présentait. HIhi. Bon, tout ça pour dire que je ne cherche pas la reconnaissance ou les bravos. Par contre, ce blogue est d’abord pour mes amis coureurs, et ma famille, alors quand je lis qu’il y a jalousie, ça me fend le coeur. Parce que moi, je ne souhaite que ça, que vous viviez tous des performances qui vous rendent très fiers.

      Et aussi, que je puisse raconter les miennes comme tous les coureurs que je connais font, pis que même si je finis première (ou pas) ce soit pris pour ce que c’est: un récit de course. On y a tous droit me semble, qu’on finisse premier ou dernier.

      Je crois que ce qui énerve les gens, est que je ne fais rien de spécifique et ça marche quand même. C’est peut-être qu’ils oublient qu’il n’existe pas qu’une seule approche. J’ai trouvé la mienne, celle qui me rend heureuse. Et ça court tellement mieux quand on est bien! Pis je m’entraîne fort, tu le mentionnes. Pis certains pensent que j’ai l’air d’avoir du fun facile? Héhé, non. Je ne souris pas toujours d’ailleurs. Mais quand je sais que mon supporteur m’attend depuis 2, 3 ou 4h, c’est sûr que lorsque je le croise, je lui souris! :)

      Mais bon, bref, t’es pas le seul sans doute à avoir eu ce pincement, certaines personnes que j’encourage toujours ont lu ce billet et mon statut FB et ne m’ont même pas dit un simple bravo. Pas que ce soit grave, mais ces mêmes personnes sont rapides sur le clavier quand je me plante comme à Winnipeg.

      Ce que je n’hésite pas à raconter non plus d’ailleurs. Mon blogue, je le veux vrai de vrai. Alors comme je le veux vrai, vais-je raconter que je me suis entraîner spécifiquement pour ce trail? Ben non, ce serait faux!

      Pis que voulez vous d’autre que je dise pour ce trail? Je n’ai fait qu’une seule sortie de trail en 2015, vrai. Je débute, vrai. Pis oui, j’ai fait une maudite belle performance. Tout allait bien cette journée-là pour moi. J’avais les jambes, l’énergie, le plaisir. Tsé, quand tout est alligné? Ça va t’arriver aussi. Et l’inverse aussi!

      Et pourquoi ça allait si bien? Je sais pas exactement! Le directeur de la course est venu me voir par 4 fois je pense, héberlué qu’il était de mon chrono par rapport au record de parcours (du nouveau parcours en fait, plus dur). Tellement que je me demandais après la 4e fois s’il pensait que j’avais triché! Ben non, j’ai juste bien géré (sauf le départ). Et j’ai respiré profondément quand ça faisait mal, et je ne me suis jamais découragée. Aucune pensée négative. Je me suis détendue souvent aux moments que je jugeais clés. L’instinct de coureur y est pour quelque chose aussi.

      Et oui, une inscription dernière minute, pis pas d’affutage. Tout ça est vrai. Par contre, un moment où je me suis inscrite, j’ai fait 48h de visualisation. Je ne suis pas une poule pas de tête, le mental est tellement une part importance par-dessus l’entraînement. Alors est-ce que je suis contente? Très! Enfin! Il me semble que j’ai eu plein de courses poches en 2015. Alors j’avais le goût de le dire comme le reste.

      Merci à toi d’avoir revu le feeling que ça avait créé chez toi. Tsé, j’en ai besoin moi aussi comme tout le monde des petits bravos de temps en temps. En tout cas, êut-être pas besoin, mais ils font plaisir.

      Alors je te fais la bise!

      Et maintenant, à toi de raconter ta récente course! ;)

  17. […] apprendre  de cette expérience et faire en sorte de m’améliorer. Je me suis rappelé l’article qu’une marathonienne que je respecte beaucoup venait d’écrire sur sa plus récente victoire – qu’elle a été […]

  18. NoName dit :

    En fait, PB, ça veut dire Pur Bonheur, non ? ;-)
    Bravo encore une fois à vous et à votre persévérance qui porte de bien beaux fruits. Continuez à nous inspirer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Cocher pour recevoir les commentaires à venir via courriel ou s'abonner sans commenter.