Pourquoi je me suis inscrite à ce 21k Scotia de Montréal? Pour le chrono. Pour me préparer pour le marathon d’Ottawa dans un mois. Point. Si j’aime varier les types de course pour tout ce que chacune me procure de différent, j’aime beaucoup celles faites pour la vitesse. Et ce demi est un bon exemple de parcours ennuyeux qu’on a le goût de terminer au plus vite. ;)

Pourtant, il devrait être beau ce parcours, avec ses points de vue sur Montréal et sur le fleuve, mais je ne sais pas, courir sur l’Ile Ste-Hélène, je n’aime pas trop. En plus, dans la grisaille de dimanche, tout était parfait pour ne pas s’attarder en chemin et s’envoyer un PB dans la Garmin.

Sauf que rien ne s’est enligné pour cela. Mon avant-course fut… clownesque. Rien de moins. Manquait qu’une tarte à la crème sur la ligne de départ.

J’arrivais de Trois-Rivières où ma fille était en compétition ce week-end. J’ai tout fait trop vite au retour, tellement que je crois m’être mieux préparée à ma toute première course à vie qu’avant ce demi. Bref, j’ai tout oublié.

J’ai même apporté des souliers que je n’avais jamais portés (Mizuno Musha). Une fois dans le stationnement, pas de lunettes soleil non plus. Quoi, pas grave car pas de soleil? Euh non, moi je pleure sans arrêt en courant ;) si j’ai du vent dans les yeux. J’ai donc attrapé de grosses lunettes de gars dans le coffre à gant, lunettes qui d’ailleurs tomberont tout le long de ma course. Et évidemment, même pas le temps de m’échauffer et d’aller aux toilettes. Le ton était donné quoi. :)

Mais tout ça s’est fait dans la bonne humeur et le rire, mon supporteur étoile aidant.

Donc, me voilà à quelques pas du départ, assise dans la voiture à blaguer avec lui. Je vais courir avec de nouveaux souliers, de grosses lunettes, encore un peu verte de ma semaine, pas échauffée et la vessie pleine. Y en n’a pas de problème!

Hop par-dessus la clôture (suis-je au moins dans mon coral, le rouge? Aucune idée, pas le temps de penser) et 3-2-1, le départ est donné, c’était parti pour tenter de faire tomber la barre du 1h30. Car tant qu’à être là, aussi bien essayer d’y croire.

Et 1h30, c’est 4’15 au km. As-tu même testé cette vitesse spécifique depuis ton marathon de Séville la grande? Pantoute. Pas grave, go!

Premier km trop lent (4’22), normal, je me suis placée un peu trop derrière. En plus, il fallait contourner de grands trous d’eau, exactement là aussi que toute l’eau s’était accumulée au Demi-marathon de Montréal, dans ce segment que j’avais trouvé particulièrement plate. Il n’avait pas changé d’un iota. Et on y passera 3 fois.

Pas grave, je ne suis pas ici pour autre chose que boucler un demi le plus vite possible avec l’énergie du jour. Pas le temps de chialer, même pas dans ma tête. Et c’est à ce moment que j’aperçois devant le lapin 1h30. Merde, il est devant? Je fonce le retrouver. Sauf que lui, je soupçonne qu’il fonçait aussi pour rattraper les secondes perdues au premier km. Alors je cours littéralement après le lapin. :)

Les 5 prochains km seront bouclés en 20’52. Héhé me dis-je, c’est plus vite que mon premier 5k il n’y a même pas 3 ans… et je ne suis même pas essoufflée!

Petit gain de confiance ici.

Mais c’est un peu trop rapide. Et je le sais. Ce lapin se met du temps en banque c’est clair. Sauf que moi, du 4’09, je ne suis pas confortable sur 21k. Dans ma tête surtout, car jusqu’à présent, ça va. Le cardio se porte bien, les jambes sont un peu lourdes mais elles l’étaient avant de partir.

Non, mon seul désagrément vient des souliers. Je ne ferais jamais un marathon avec si peu d’absorption. Ça tire déjà sur le tibia (on s’en invente-ti des problèmes…). J’ai ma réponse pour ce dossier, c’est au moins ça de gagné.

Je remarque que notre très masculin troupeau (je suis la seule fille?) de 1h30 commence à perdre quelques joueurs rapidement. Comme je sais que nous allons faire le très monotone tour du bassin de l’Ile Notre-Dame, je me donne comme objectif de tenir le lapin en vue jusqu’à la fin de celui-ci. Et à mon grand plaisir, c’est en plein ce qui est arrivé. Je l’ai perdu au tournant tout juste après le 14e km avant le retour sur le Circuit Gilles Villeneuve.

Car moi, je dois rester à 4’15. Je sens que la mèche est courte. Trop pour tenter quoi que ce soit. Ou est-ce le creux du km 15 de tout demi-marathon? Sans doute un peu aussi. Mais je sens que je ralentis malgré moi. Alors je la jouerai prudente… encore une fois. Poc poc poc!

Mais je n’aurais pas dû. Mais ça, c’est toujours juste après qu’on le sait non?

Les 7 km qui restaient, j’aurais davantage profité de l’énergie du groupe que du léger ralentissement que me procurait de courir seule. Car seule, c’est seule en maudit dans ce coin de l’île, seule contre les rafales en pleine tronche, seule sur un chemin de gravelle plein d’eau et de trous. Et gris surtout.

Ce choix me vaudra 3 km à 4’24, 4’25 et… 4’28. Ouille! Coup dur. C’est décidé, je ne regarde plus ma montre.

Une chance par contre qu’il y a eu le petit segment du pont où se trouvent la plupart des spectateurs, ce qui fut vraiment énergisant. J’entends mon nom chaque 20 mètres. Je crois que c’est ma première course avec mon nom sur mon dossard. Et ça fonctionne dans mon cas. J’ai pu gruger quelques secondes sur ce km animé.

Mais somme toute, je suis en contrôle de ma course. Je ne suis pas loin du max que je peux donner, mais je n’y suis pas non plus. Même que mon chum que je croise au km 18 arrive à me faire rire. Je me sens bien. Mais juste pas tout à fait assez en confiance pour donner tout ce que j’ai. L’expérience qui manque encore (quelqu’un m’en vendrait un char pis une barge?).

Ce sera ainsi jusqu’au km 20 où là, je me dis, allez, ouvre ton jeu, tente au moins une finale sous le 4′ du km.

Je dégaine donc mon mantra et mes meilleures images mentales, et je fonce: 3’51 pour le dernier km. C’est ce que je vois une fois chez moi, car même mon temps, je l’ignore jusqu’au moment où je vois le panneau: 1h30’47.

C’est en passant la ligne d’arrivée et en mettant moins de 10 secondes pour me remettre et avoir envie de repartir (ce que je ferai plus tard pour quelques km supp), que je réalise que je suis vraiment en trop bon état pour une fille qui vient de courir un demi. J’en avais donc plus en réserve que je ne le croyais. C’est partie remise pour la défonce. À bientôt, satanée barre du 1h30!

Demi-marathon Scotia de Montréal, avril 2014Ce qui me donne tout de même au net un satisfaisant 1h30′ et … 37 secondes. Ce n’est pas ce que j’avais prévu lors de l’inscription il y a quelques mois, mais c’est comme ça la course non, prévisible dans notre plan global mais imprévisible dans les détails du jour.

Donc pas ce que j’espérais pour ce mois d’avril 2014 dans ma progression, mais c’est beaucoup mieux que ce que j’espérais toute la semaine. Et comment ne pas être heureuse d’un record perso? Je souris, la vie est bonne. La course tout autant. Je croise un ami coureur, le soleil sort. Que c’est bon tout ça.

Et mon classement qui, malgré cette avant-course aux allures clownesque, est fort encourageant pour la saison qui commence.

20/1065 (femmes)
1/166 (catégorie)

Et ahhh que j’aime cette distance! Le demi-marathon et moi, c’est une histoire d’amour. J’aime ce mélange de vitesse et d’endurance. Et ce que j’aime encore plus, c’est qu’on peut poursuivre l’entraînement rapidement. Dès le surlendemain même.

Et c’est en plein ce que j’ai fait aujourd’hui.

En route vers Ottawa.

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3 réponses à Demi-marathon Scotia de Montréal

  1. Julien dit :

    Voilà une sympathique étape sur le route d’Ottawa (c’est quand?)

    Il faudrait peut-être que je fasse un semi « en dedans » car à chaque fois je pousse trop et ça fini mal. du coup j’ai jamais aimé le semi !

    • Pascale dit :

      Hihihihihihi Julien, je viens de lire «J’aime pas le semi!»

      «Pas de jambes, pas de vitesse, pas de plaisir.» Hihi, les goûts hein! Mais décidément, on se suit de près toi et moi. :)

      http://mangeurdecailloux.com/jaime-pas-le-semi/?utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=jaime-pas-le-semi

      • Pascale dit :

        Ottawa: 25 mai. Le problème est que nous avons été privé ici du printemps cette année (pauvres de nous), et que là, le beau temps commence à se pointer, et que donc, hein, les courses ont toutes l’air plus intéressantes les une que les autres. Et un marathon, ça te paralyse un calendrier je trouve. Et tout le temps consacré à une bonne récup profonde. Alors je me demande si je ne vais pas plutôt profiter de tout cela et ne faire qu’un marathon d’automne. Que de réflexion. :)

        Oh oui c’est vrai je me rappelle de ton histoire de quasi évanouissement ou enfin, de corps qui dit -wôô les moteurs-. Mais tu avais tout de même franchi la ligne d’arrivée assez solidement non? Et c’est l’an passé non? Il me semble que tout s’est bien déroulé lors de ton dernier semi cet hiver? Vais aller fouiller ton blogue tiens. :)

        Mais oui vrai, pour le semi, pourquoi ne pas en garder juste une touche dans la réserve, question de rester sur sa faim et de repasser à table rapidement?

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