Une journée à voir défiler des rappels de toutes ces grandes femmes qui ont contribué à ouvrir la voie, ça motive la coureuse que je suis! J’ai senti monter l’envie de me dépasser alors j’ai choisi à l’horaire un type de sortie qui allait satisfaire mon appétit.

Comme vous savez, je n’ai pas de plan comme tel. Je cours en alternant les séances d’intervalles, courts et longs, de vitesse au seuil (ou tempo) et les longues sorties (avec bloc de vitesse marathon intégré), entrecoupé de récup’ et en laissant beaucoup de place au ressenti. Je décide chaque jour ce que je vais courir.

Un peu de côtes de temps en temps mais pas trop. Pour éviter les bobos mais aussi parce que je privilégie le développement du Vo2max et d’une forme de résistance bien précise que je n’ai pas encore baptisée. J’y reviendrai. Elle est l’élément clé de ma théorie de l’élastique… je vous en ai déjà parlé? Ah non? Ben ça presse alors! ;)

Pour l’instant, c’est mon corps qui dicte le combien et le quand, tout ça selon une vision de développement sur 6 mois environ (et 2-3 objectifs). Aujourd’hui, le travail en intervalles m’appelait. Et vous verrez plus bas que j’ai placé le 8 à l’honneur. ;)

Mais avant d’étaler des chiffres, je tiens à dire, en cette Journée, pourquoi je le fais.

Femme et performance, ce n’est pas tout à fait acquis encore. Démontrer l’envie d’aller plus loin, plus vite, plus longtemps et de recommencer encore mieux, ça passe encore moins bien pour Elle. (Et les jugements viennent autant des femmes…)

Avez-vous déjà vu un gars se faire brasser parce qu’il a dit qu’il a pris ça mollo à X’/km? Moi jamais. Et pourtant, il m’a fallu un seul billet en ce sens pour me faire rappeler que «je n’ai pas à regarder les autres femmes de haut». Pardon? Moi faire ça? Fou comme il faut mal me connaître ou me deviner pour penser cela.

doigt

Doigt essentiel.

Par contre, toujours je me battrai pour que la coureuse ait socialement autant droit à la fierté de ses accomplissements quels qu’ils soient, chiffrés ou pas. Et je ne parle pas ici du droit à l’abus de selfies de sa personne en train de courir. Ça, c’est du narcissisme et on a atteint l’équité. ;) Non ici, je parle d’exprimer ou de recevoir la fierté d’un accomplissement sportif d’égal à égal. Alors aujourd’hui (et demain et après-demain), au diable les stéréotypes!

Coureuses, que vous cherchiez à aller du point A au point B en trouvant ça un peu plus facile chaque fois, ou encore de finir dans le haut du classement de votre catégorie ou même de monter sur le podium général, de faire tomber la barre du 4h30, 4h ou 3h au marathon ou du 25′ au 5k, de réussir à franchir 50, 80 voire 160 km dans le temps admis ou de vous entraîner en allant au boulot 5 jours/semaine alors que vous trouviez difficile d’y aller une seule fois dans un passé pas si lointain, de tout ça vous avez droit d’en être fière et d’en parler.

Vous avez le droit de vous trouver bonne et d’aimer ça faire ce qu’il faut pour l’être. Et non, vous ne tentez pas de prendre une plus grande place mais bien simplement celle qui vous revient, à vous et aux efforts que vous y aurez consacrés.

Les femmes doivent prendre aussi une place dans le monde de la performance… et des discussions qui en découlent. Car ce n’est pas un vilain mot performance, c’est même somme toute assez banal!

flamants101

Performance et solidarité.

Ça fait longtemps que je considère qu’on a dépassé le simple appel à la participation. Pourquoi? Parce que nous participons déjà! Prenons juste le plus récent 21k qui me tentait, 2400 participants dont… 1300 femmes! Une majorité sur la ligne de départ. Alors à mes yeux, ça sent un peu le ‘vieux féminisme’ que de dire encore et seulement, comme il y a 50 ans, qu’elles peuvent le faire. Bien sûr que nous le pouvons! Mais nous pouvons aussi être ouvertement fières de viser la performance sans avoir l’air autrement que des coureuses déterminées. Nous nous le devons.

Le plaisir de courir prend racines dans diverses motivations et elles sont toutes honorables. Ça vaut aussi pour la quête de performance. Et ai-je vraiment besoin de répéter ici que performance, ce n’est pas réservé aux meilleurs résultats mais bien à la démarche de faire plus vite/loin/longtemps accessible à tous et toutes? C’est aussi et surtout de prendre le taureau par les cornes pour y arriver.

Vous voyez la nuance dans -le plaisir de la performance-?
-J’ai du plaisir à aller plus vite/loin/longtemps.
-J’ai du plaisir à essayer d’aller plus vite/loin/longtemps.

J’ai du plaisir même quand je n’y arrive pas. Ceux qui me connaissent et qui me croisent à la course le constatent. C’est le processus qui m’allume. Et c’est toujours partie remise, objectif atteint ou pas. Et le moment présent lui, demeure chaque fois la course en soi.

Alors moi aujourd’hui? J’ai couru avec les ailes d’une journée bien remplie dans chacune des sphères de ma vie. Et la fatigue de fin de journée atténuée par l’envie de me dépasser là, maintenant, en ce 8 mars 2016.

Et c’est ce que je souhaite à vous toutes, coureuses, d’aller au bout de vos envies et d’assumer au grand jour la puissance de votre détermination. Ce n’est pas gagné pour moi, j’y travaille encore.

Alors sans musique, sans pression et avec de belles réflexions sur la vie, ça a donné ceci :

Échauffement: env. 30′ (de 5’20 et 4’50) (mon corps donne le ok pour la suite)
8 X 1k (1′ de repos à 5’30): (3’58, 3’55’, 3’52’, 3’50’, 3’48’, 3’44’, 3’47, 3’45)
Bloc de récup au feeling, allure entre 5′ et 4’50’
8 X 300m (1′ de repos à 5’30): (3’29, 3’30’, 3’28’, 3’26, 3’26’, 3’25’, 3’22’, 3’20)
15′ environ de retour au calme

Total: 23.1 km (1h49’30)


Bonne course à toutes… et tous bien sûr!

N.B. Et pis quoi de mieux que ce jour pour republier ce lien vers un calculateur d’équivalence! Votre ami fait le paon avec son chrono de 3h19 au marathon alors que vous en êtes à 3h41? Vous seriez peut-être étonnée de constater que votre performance surpasse ou égale la sienne, muscles, taux de gras, vo2max et autres différences fondamentales homme-femme considérées et incontournables! ;)

 

D'autres billets qui peuvent donner envie de courir...

 

28 réponses à Mon entraînement en ce 8 mars

  1. Mathieu dit :

    Je ne commente pas souvent ici mais sois certaine que tes chiffres sont plaisants à lire, moi ils me motivent. Mais au-delà de tout ça, c’est ta passion débordante qui est imbattable. Continue comme ça!

    • Pascale dit :

      Merci m’sieur! Les chiffres en fait, ce n’est qu’une façon d’exprimer l’effort. Une référence commune et encore là, pas vraiment. Mais bon, c’est un vecteur de performance disons, qu’il doit en distance, en vitesse, en allure, en classement, etc. Mais quand on souhaite d’améliorer, il est quasi inévitable.

      Passe ici-bas plus souvent! ;)

  2. JP - supporteur et photographe amateur dit :

    Bravo pour la motivation et la persévérance. Autant à la course qu’à l’écrit!
    Tes résultats sont là preuve que la motivation précède l’accomplissement.

    Et chapeau pour le choix de photo, ue de mes favorites!

  3. M-Runner dit :

    Je note moi aussi pour la théorie de l’élastique (et l’entrevue avec la championne). Et il y en a d’autres…. tu es en retard! :-)) Bravo femme coureuse qui brasse la cabane des clichés! (Ta sortie m’a épuisé….)

    • Pascale dit :

      Je sais, beaucoup de billets incomplets en attente… et je prends du retard par-dessus retard… pfff… :) Merci lecteur de la première heure!

      P.-S. Coudonc, que des gars qui commentent ce soir… Devrais-je m’inquiéter ou au contraire? C’est mêlant tout ça. ;)

  4. Hojicha dit :

    Quel merveilleux billet charismatique! Il m’a donné envie de te suivre (je suis réaliste quand même, te devancer il n’y a à peu près que Bianca qui peut le faire…) à l’infini (même si je sais que je me serais effondrée bien avant le 20e kilomètre…) avec le poing levé (ou le doigt essentiel pointé vers le haut) en criant des slogans! Au diable les stéréotypes, au diable les stéréotypes! Ton message est extrêmement inspirant et tu as toutes les raisons du monde d’être fière! En ce 8 mars et tous les autres jours de l’année, soyons de fières coureuses, performantes et solidaires! Oui!

    • Pascale dit :

      Wouhouuu que ça m’a fait plaisir de déballer ton commentaire! Un vrai cadeau. Et rire surtout. :)

      Suis vraiment heureuse qu’il te plaise ce billet. Merci beaucoup.

  5. Ahwafab dit :

    Tu Es une vraie source de motivation !! Je vois toute la détermination et travail d’une championne comme toi ! Le plaisir de travailler pour performer donne du résultat convaincant, faut être patient ! ;-) et tes intervalles, oufff, j’ai le soufle coupé en voyant tes 2 séries de 1k et 300m.

    • Pascale dit :

      Le plaisir oui, et autant celui en entraînement dédié à repousser ses limites que celui de simplement sortir courir pour relaxer, c’est lui le meilleur des moteurs de la persévérance.

      Mais vrai que plaisir de travailler fort fait beaucoup de bien pour ceux qui aiment! Atteindre la moitié des intervalles, et ensuite, écouler un à un ceux qui restent, se demander si on va tenir, chercher en nous à quoi s’accrocher, détourner l’esprit de la difficulté qui augmente maintenant exponentiellement… et arriver au bout f-i-n-i-(e) et se donner une auto-claque dans le dos. :)

      Très apprécié ton commentaire mon cher! Merci.

  6. Pascale dit :

    *J’ai ajouté et précisé 2-3 éléments dans le texte ce matin. Rien qui change le sens, au contraire.

    Mais c’est un blogue ici ne l’oubliez pas. Je ne dépose pas de mémoire, ce ne sont pas des textes pour des clients, ni des articles, alors je me donne le droit de couper les coins un peu rond. Évidement, pas dans le fond, mais sur la forme. C’est mon chez moi… et je laisse la porte ouverte pour les curieux. Mais je suis habillée en mou et pas vraiment coiffée. ;)

  7. Hojicha dit :

    J’aime beaucoup ton calculateur d’équivalence. J’utilisais pour ma part celui de Runner’s World (http://www.runnersworld.com/pace-calculators/age-grade-calculator), mais celui que tu proposes semble plus avantageux, alors c’est désormais à lui que je vais me fier! ;)

    • Pascale dit :

      Super. Et oui, je connais un peu celui de RW, mais vrai que l’autre va droit au but.

      RW présente aussi une version plus récente selon une nouvelle courbe de données qui t’offre le record théorique sur une distance pour ton âge/sexe. (Au bas de la page pour le calculateur) :

      http://www.runnersworld.com/sweat-science/a-new-approach-to-age-grading-marathon-times

      En tout cas, on ne manque pas de ‘gadgets’ pour s’encourager. :)

      • Hojicha dit :

        En voilà un qui a l’avantage d’être direct et le désavantage de ne porter que sur le marathon. Merci pour le partage! Un outil de plus dans ma banque! Et c’est bien vrai qu’on peut toujours trouver le moyen de s’encourager (ou de se décourager!), et ce, avec ou sans gadgets. :)

  8. Norm dit :

    L’élément clé de la théorie de l’élastique… humm! .. j’ai hâte de lire ça

  9. Tes chiffres me laissent bouche bée… À 5’20 c’est ma vitesse de croisière, pas pour un réchauffement! Je dis ceci sans envie ni honte, je suis juste toujours épatée de constater les vitesses des coureurs performants :)

    Cela dit, le reste du billet me rejoint immensément et ça fait du bien de lire ce genre de pensée, terre-à-terre et pleine de bonne sens. Merci!

    • Pascale dit :

      Hihi merci bien. Et je te comprends, au sens que je suis régulièrement bouche bée moi aussi… devant d’autres. Tsé, même mon plus vite 1k était plus lent que l’allure moyenne sur demi de Bianca. :)

      Bon encore Bianca, mais ça vaut pour plusieurs autres coureurs québécoises qui mériteraient plus d’attention pour leurs performances.

      Cela dit, je prends le compliment… pour mes 44 ans aussi. Ce qui te laisse tout un horizon à toi, que je devine pas mal plus jeune, pour t’améliorer autant que tu le souhaiteras.

      Merci beaucoup pour ton commentaire!

      • Bianca… moi ça me dit rien :p
        Je ne suis pas encore au fait des grands noms de la course, surtout que je ne cherche pas à atteindre de podium. La catégorie des 30-39 est trop en forme pour moi, nouvelle trentenaire et nouvelle sportive ;)
        Je travaille plus mon endurance et mon plaisir (et ne pas me blesser), ça me comble pour le moment :)

        • Pascale dit :

          Bah, c’est juste parce que j’en parle souvent de notre chère marathonienne québécoise ici dans le blogue, alors un moment donné, c’en est presque drôle.

          Cela dit, je cours moi-même pour les raisons que tu nommes, le podium ne m’allume pas, parce contre, m’améliorer et battre mes temps, ça, oui.

          Cela dit, c’est déjà en haut de la moyenne ton récent 10k, pourquoi trop en forme pour toi? Nan, tu fais mieux que tu le crois. Et tu as titré ton billet «Battre mon record personnel sur 10k». Alors je suppose que ça te tient au moins un peu à coeur.

          Dans tous les cas, garde le plaisir en tête, ça donne de l’énergie en soi.

  10. Phil dit :

    Félicitation pour ton entrainement du 8 mars ! 8 x 1 km de plus en plus rapide ça prends beaucoup de détermination…
    Je ne comprends pas tes temps dans tes intervalles de 300 mètres ? Ils sont presque équivalent à tes 1k ?
    Est ce que tu cours tes intervalles à l’extérieur ou sur un tapis durant l’hiver ?
    Bien hâte de lire le prochain billet

    • Pascale dit :

      D’abord merci Phil! Et tsé quoi, je l’attendais cette question et je suis heureuse de la recevoir. Me semble que c’est exactement ça, jaser pour vrai malgré le virtuel. :)

      Écoute, il y a 3 points à cela.

      1) Je pensais m’en tenir autour de 3’55 pour tous mes 1k, mais surprise, je voulais mordre! Ça allait bien, alors tu peux deviner que de + en + vite jusqu’à 3’45 avec une toute petite minute de repos (j’en prends plutôt 1’30 d’hab), ça m’a coûté pas mal.

      2) Relié au point 1: D’habitude je fais plutôt du court en soi. Pas après des 1k. Donc ce sont des 300m oui, mais après des 1k. :)

      3) 20-25 secondes de moins, ce n’est jamais en absolu tu le sais bien. Tout est relatif. Courir mollo à disons 6′ ou 6’20, c’est quasi la même sensation. Mais 20 secondes sous le 4′, le poids relatif est encore plus grand! Vas-y, fais du 3’20 et ensuite du 3’45, pas pantoute pareil. Rajoute 8 X 1k juste avant et crois-moi, je roulais sur la réserve. :)

      Pour ton autre question, je cours surtout dehors l’hiver, disons 9 fois sur 10.

      Merci à toi aussi pour ton commentaire!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Cocher pour recevoir les commentaires à venir via courriel ou s'abonner sans commenter.