Mardi, 19h. Je reviens d’une toute petite heure de course, affûtage oblige. J’entre chez moi et m’étends sur le plancher frais, en annonçant à mon chum et ma fille: «C’est la canicule! Il doit faire 28!»

J’entends J-P murmurer «L’été va être long. Pascale, il fait à peine 22.»

Voilà, à vous qui chantez le retour du beau temps, moi, c’est mon hiver qui commence. Vrai que j’ai été gâtée avec le printemps qu’on a eu, mais là, ça y est, la nature me force à renouer avec la «motivation normale», car les 3 autres saisons, la seule motivation supplémentaire que ça me prend est celle de me retenir de ne pas sortir courir 2 fois par jour. Ça court tellement bien au froid. Ça respire bien. J’en veux toujours plus.

-10 degrés, -15? Ça court comme c’est pas permis. Un peu trop vêtu pour une performance, mais c’est très bien en entraînement.

0 degré? C’est super pour une compétition, j’opte même pour les shorts.

5 degrés? Ma température idéale, même en camisole.

15 degrés? Ma limite de performance.

20 degrés? Ma limite de plaisir de courir autant que possible. Quand ma sortie se termine, j’apprécie.

25 degrés? Une compétition? Non merci. Une sortie, oui ok, je la fais, mais au minimum. Et je rentre chez moi après.

30 degrés? Ne me cherchez pas dehors, je suis couchée sur mon plancher frais à réfléchir au sens de la vie… ;)

Alors 22 degrés, c’est le début du supplice pour courir. Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs on choisit majoritairement l’hiver pour la pause annuelle des coureurs. Trente degrés en août me semble une incontournable occasion pour reposer la carcasse.

Amusant donc, de voir ces thermomètres internes qui varient d’un coureur à l’autre. Je connais des coureurs qui souffrent réellement au froid, exactement comme moi au chaud. Physiquement et mentalement. Alors si vous ne pouvez pas comprendre comment je me sens au chaud, inversez simplement le thermomètre, gardez les impressions. Votre -20 est mon +20. Combien de coureurs s’entraînent sur tapis l’hiver alors que moi, peu importe la météo, je sors dehors? Beaucoup. Alors que moi, s’il m’arrive de considérer la possibilité du tapis, c’est bien l’été.

Tout ça me rappelle une scène de voyage.

Nous sommes une dizaine de voyageurs d’à peu près tous les continents, assis en après-midi sur une terrasse sur l’île de Paros, en Grèce. Il fait 17 degrés sous un soleil radieux, en plein mois de février. Comme j’arrive de mon hiver québécois, je suis en t-shirt et célèbre cette parfaite température de farniente. Les 2 Brésiliens eux, portent un énorme manteau d’hiver, et sont complètement enrhumés. La Française a un mince imperméable très classe, mais il ne pleut pas. Le fils de diplomate apatride, dont nous n’avons jamais réussi à savoir d’où venaient ses parents et où il a grandi, lui, est en short depuis le début, mais avec un gilet de laine épaisse. Mêlé mêlé, comme lui dans la vie. Un couple d’Américains du Texas, jeunes mariés, sont habillés neuf de la tête au pied en vêtements de plein air top qualité, multi-couches climatisées. Bref, il ne semble faire 17 degrés pour personne.

Tout ça pour dire qu’on annonce jusqu’à 20 degrés dimanche pour la troisième heure de mon marathon (Ottawa, pour les nouveaux ici). Et ça ne m’enchante du tout. Et ça me rappelle pourquoi j’aime improviser mes courses. Justement pour choisir le moment en fonction de la fraîcheur.

J’ai encore en mémoire la dernière heure de mon marathon de Séville en février dernier. Autant le départ fut donné au frais, autant la température a soudainement bondi. Je ne riais pas du tout sur les 10 derniers kilomètres où ça a grimpé jusqu’à 24 degrés. Une chance que j’ai un bon sens de l’humour (oui oui, même en courant 42 kilomètres) et que lorsque je commence à me plaindre dans ma tête et à me questionner sur le sens du marathon, ça annule mon air bête intérieur et je ris de moi: «Tu as même payé pour ça la grande!».

Mon chum, photographe amateur du dimanche, a d’ailleurs pris 400 photos de moi pendant ce marathon espagnol, mais il doit y en avoir 399 avant les 10 derniers kilomètres. Il a feint une difficulté de fin de parcours «Je vais t’attendre à l’arrivée», mais je sais bien que je devais être terrible en photo dans cette chaleur, avec un air de «c’es-tu bientôt fini cette affaire de fou!». :)

Mais quand même, qu’est-ce que c’est désagréable courir dans la chaleur! Et ça remet en question le chrono rêvé. Dans ma page Outils, j’ai mis quelques calculateurs d’impact de la chaleur sur la performance.

Température et performance en course à pied
Comment le froid et la chaleur peuvent influencer un résultat de course.

Chaleur, froid et performance en course à pied
Il est certain que si je courais des marathons en grand nombre, juste dans le but de faire la distance, disons à 70% de ma VMA, je n’y verrais qu’un léger désagrément. Je pourrais même en courir plusieurs par mois sans problème, même à 20 degrés. Mais je ne cours que 2 marathons par année que je vise de courir autour de 80% de VMA. Et battre mon temps précédent. Ça chauffe le ciboulot ça.

Voilà, sinon tout le reste est parfait. Tout le monde est de bonne humeur, dans un hôtel parfaitement situé (le même que l’an passé), je me sens bien, prête, forte.

Souhaitons juste que Méteomédia se plante, et non moi. ;)

 

 

 

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