Avant le départ. Arrivée à l’avance. L’ambiance est parfaite. J’ai l’air bien ou non?

Je suis là un bon 30 minutes d’avance, prête à décoller. Merci à mon chauffeur désigné, mille mercis même. ;)

Je me sens détendue. Détendue. Je n’en démords pas, c’est une des clés. J’en profite donc pour observer le site. Wow! Chapeau aux Courses Gourmandes! C’est dans la catégorie ligues majeures. L’ensemble de l’événement sera d’ailleurs impeccable, de l’avant au parcours jusqu’à l’après.

Je me sens parfaitement en harmonie avec mon choix d’un 30k plutôt qu’un marathon, question de tester la carcasse qui a été malmenée. Faut bien faire les choses pour les faire bien (c’est de la grande philosophie je crois… ;).

Et bien faire les choses aujourd’hui serait aussi de réussir ce 30k à ma vitesse marathon de rêve (3h, soit 4’15/km) ou tout près. 

Le ciel est bleu alors qu’on annonçait du gris. Il va faire chaud, ouille, je dirais 16 au départ (20 à l’arrivée) à Saint-Paul-D’Abbotsford. Ça exclut le «ressenti». Mais ce n’est pas tant la température que le gros soleil. Pas de stress, j’ai une stratégie pour le chaud, parce que hein, Météomédia des fois… (Souvent?)

Rappel : Vous vous souvenez de la température analysée comme la plus productrice de performance, toutes catégories de coureurs confondues, origines géographiques incluses? 7 degrés, ciel couvert. 

Je décide que m’échauffer longuement est surfait, ça ressemblera à 300 mètres. Ça monterait inutilement ma chaleur corporelle. Je vais plutôt me servir du début de la course. (Vos tomates, gardez-les). :)

Car je sais déjà qu’on part du côté de la montagne à l’ombre, là où en plus, ça descendra un peu plus que ça monte pour le premier 10k. Double dose favorable. Ce sera la seule ombre du parcours. Je l’aurais bien prise à la fin, mais c’était ça qui allait être ça. Je vais donc aller chercher un peu de temps dans le premier tiers avant que la chaleur n’explose, tout en commençant par un ou deux kilomètres à un effort moindre. (Ne pas mêler effort & vitesse, ça descend…)

Je me place au départ mais avant, j’aperçois Anne-Marie, une nouvelle amie coureuse qui se donne comme lapin (plus souvent qu’à son tour!). Elle me lance, surprise « Mais tu es toute petite! Shape d’athlète! »  Hihi, elle m’a fait rire avec sa spontanéité. Je crois que le fait d’avoir un peu de muscles (pas tant pas tant, moi qui fais 0 muscu sauf quelques vaines tentatives de chin-up), ça donne des photos où j’ai l’allure plus costaude que réellement. Vous verrez bien si on se rencontre… ;)

Go, départ. Les coureurs du 21k et du 30k partent en même temps. C’est une chance, car s’il y a plus de 2000 coureurs aujourd’hui, il n’y en a pas tant sur les plus longues distances.

Le parcours ne fait que monter ou descendre, rien de dramatique oh non, mais on doit ajuster à l’effort selon moi. Je veux et je vais courir au feeling du dénivelé. Mission réussie car si j’ai regardé ma montre 3 fois en 30k, c’est beau. Le voici le dénivelé du 30k du Demi-marathon des vignobles ensoleillés:

30k des Vignobles 2017

Et voici notre départ où les hommes sont à l’honneur. Pour l’instant… ;)

départ du 21k et 30k (Source: www.zoomphoto.ca)

À peine 500 mètres de faits et je suis déjà parmi les premiers, et pour être plus précise, les premières. Je n’ai aucune idée de qui est du 21 ou du 30k, mais je sais que moi, je veux m’approcher d’une moyenne de 4’15/km au global. Avec le facteur soleil tapant du jour, je suis prête à tolérer 1’30 en tout de plus sur 30k, pas plus, c-a-d 3 secondes par km sacrifiées à Dame Nature.

C’est ma course donc, mais tout de même, je garde en vue la fille la moins loin devant (à 200 mètres environ). Je vous l’ai dit, courir seule sur un parcours ne me tente plus. J’ai 99% de mes entraînements pour ça. Je triche donc un peu avec mon feeling si je puis dire en me chuchotant: ne la lâche pas.

Je la tiens du regard la petite, Paméla (que je saurai plus loin, je lui demanderai son prénom en cours de route). 

Je demeure par contre concentrée sur ma course entre les km 10 et 16, là où j’ai noté que je dois m’en garder. La course y est encore jeune, mais c’est dans cette longue (mais douce) montée que ça se jouera, d’autant plus dans les rangs à découvert, sous ledit soleil plombant. Il fait facilement 20 de ressenti à ce moment-là, ça montera jusqu’à 23.

Temps de passage (en détail sur Strava)
5k : 20’59
10k : 41’40
15k : 1h03’32
21.1k : 1h29’57 (me souviens, parce que tout de même gratifiant de passer sous 1h30 dans plus long qu’un demi, alors qu’il n’y a pas si longtemps, briser 1h30 était un rêve…)

Finalement, j’avais retenu qu’au kilomètre 24, à 6 km de l’arrivée, c’est-à-dire l’équivalent de mon échauffement sur ma piste des Carrières (à moi oui…), je pouvais prendre le risque de surchauffer.

C’est qu’elle roule bien la demoiselle devant. Je chercherai souvent à la passer, lui envoyer un coup dans la confiance (amicalement, car ce sera un beau duel qui finira en nouvelle amie coureuse). Mais c’est une course hein? Sauf qu’elle accélèrera chaque fois, elle tient à sa position et elle me le fait savoir. Je me dis que je l’aurai plus loin… ou pas. :)

Je commence à sentir les ressources limités autour du 26e km. Je dois tenir je dois tenir. Et je dois LA tenir. Elle sera ma sauveuse de momentum.

Suis contente d’arrivée, besoin de le dire? ;) (Source: www.zoomphoto.ca)

Mais oh que la chaleur me coûte à ce moment du parcours. Ma fille me dira d’ailleurs en rentrant chez moi: Mais tu es donc bien bronzée maman! :)

Kilomètre 28. Paméla me semble en possession de tous ses moyens, moi, ils me quittent peu à peu. Je dois tenir. Toutes les raisons du monde de tenir y passeront. Je pense au truc donné à ma fille en cas de surchauffe. Lequel? Demandez-lui. ;)

Je sens que je perds Paméla à exactement 28,8 km. Elle a puisé dans sa réserve et a carrément décollé. Moi je n’y arrive pas, je maintiens tout au plus.

Elle passera la ligne d’arrivée environ 30 secondes devant moi et savez quoi? Elle la mérite pleinement cette première place. Quelle belle course elle a fait! De la belle relève. 

Pour ma part, ça donne ceci: 2h08’06 (4’16/km), 2e femme, 2e au général.

Mais le classement est très secondaire ici, et il veut rarement dire quelque chose. Ma gestion de course et mon chrono par contre, sont eux, ma fierté du jour.

Résultats complets ici.

30k des Vignobles, juin 2017 (Source: www.zoomphoto.ca)

Mais quel parcours j’insiste encore. Frédéric Houde, à la tête du circuit des Courses Gourmandes réussit vraiment bien à rendre ça unique comme expérience. L’arrivée est festive comme ce l’est pour l’ensemble de ses courses. De la bouffe, des kiosques, de la musique, du soleil… et de l’alcool. D’ailleurs, regardez tout les monde qui veut l’alcool promis. La course des ‘vignobles’, faut bien qu’il y ait un lien… 

L’après-course : à la recherche de l’alcool promis.

Le parcours est superbe. SUPERBE. Et vraiment j’insiste, un super bon exercice de gestion de course puisque rien n’est plat. J’ai du plaisir. Je rencontre même Mat Run qui lapine sur 21k (et qui finira sur le podium). Décidément, ce gars est partout. Je le verrai d’ailleurs aussi après la course.

Suis-je satisfaite? OH-QUE-OUI! Quel début de saison quand même! Je planifie, j’atteints mes objectifs, et je recommence. Comment dire, ça se prend bien après l’année 2016…

Prochain objectif? J’aimerais vous confirmer que ce sera un marathon. Mais après la chaleur du jour (Anne-Marie dira: CHAUD PAS POSSIBLE OUF!!), je me dis que c’est quasi peine perdue si plus de 15 (et surtout ensoleillé) pour mon 3h04. Ce ne sont pas des excuses, c’est de la science.

Par contre, avoir tenu 4’16/km dans ces conditions, comment dire, la porte du sous 3h s’est ouverte. :)

Alors que faire? Mmmm je médite là-dessus. M’en remettre à Reykjavik? Attendre l’automne? À suivre. D’ici là, ce ne sont pas les courses qui me tentent qui manquent…

Et si prenais quelques jours pour décanter tout ça? Bonne idée! ;)

 

19 réponses à 30k des Vignobles (ou ma stratégie de parcours)

  1. Nicolas Turgeon dit :

    Nous n’avons effectivement pas eu le printemps idéal pour s’habituer à la chaleur :-) Toute une course, sans regarder ta montre en plus, pas sûr que je serais capable! Et semble-t-il, bien gérée quand même! Chapeau :-)

    • Pascale dit :

      Je ne sais pas si j’ai exagéré en disant 3 fois, mais certainement pas beaucoup plus. :)

      Merci Nico. J’aime tellement ça qu’on se suive tous les deux depuis déjà un bon bout de temps, nos progressions respectives, je trouve ça l’fun. Comme ton commentaire. :) Merci!

  2. Norm dit :

    Alors ce truc à ton bras, c’est un  »anti-regarde montre  » .Tu devrais aller aux Dragons et le commercialiser……

  3. Alexandre Emond dit :

    Bravo!
    Oui belle course. Bien fun. Ma belle fille était fermeuse à vélo, ouf difficile quand le dernier marche!

    • Pascale dit :

      Merci Alex! Et oh pour ta fille, en effet, je n’avais jamais vu ça de cet angle-là pour la sécurité à vélo à la fin. Elle marchait à côté de son vélo?

      Ce fut un plaisir de te revoir et de rencontrer ton amoureuse!

  4. Lalande Michèle dit :

    L’ambiance festive de ce magnifique site nous console tellement de la pluie intermittente de la saison! Bravo à tous les coureurs! Et surtout à toi Pascale!

  5. Émilie dit :

    Et elle continue! Et j’ai du fun à la lire! Et ça me motive!
    Super temps sur ce parcours au beau dénivelé!
    Chapeau!

    • Pascale dit :

      Te l’ai déjà dit, me faire dire que c’est l’fun de me lire est la seule raison qui me fait continuer à publier (à écrire, ça je le fais pour moi sur plein de sujets…). Merci Émilie jolie.

  6. M-Runner dit :

    C’est laquelle la jeune sur le podium? J’exige une certificat de naissance!! ;-)) Tu redonnes confiance aux vieux quarantenaires comme moi qui se cherchent des excuses pour ralentir. :-D Choisis stp un marathon où on peut te suivre live ok? BRAVO!!

  7. C’est le fun de te lire ;)

  8. Julien dit :

    je n’arrive pas à me convaincre que tu ne serais pas devant Pamela avec une (bonne) semaine allégée avant ta course, histoire de trouver un peu de fraîcheur pour en finir plus vite avec la chaleur !

    De part mes expérimentation sur mon sujet d’étude préféré, cette fraîcheur me semble être le facteur déclenchant d’une grosse fin de course, où les jambes et le cardio repartent à la hausse plutôt que de plafonner à 90/95%.
    Mais je reste encore bien loin d’arriver à doser correctement l’équilibre entrainement / repos ni capable de mettre en place des « indicateurs » scientifiques (par ex heures de sommeil dans la semaine, poids, FC mini. A la limite des sensations, mais c’est souvent trop tard. comme un constat sans arriver vraiment à identifier les causes)

    • Pascale dit :

      Hihi! Ben alors, merci de ta confiance en mon potentiel. :) Cela dit, moi je n’arrive pas à lire la fin de ma course comme un véritable manque, car j’ai tenu. Je suis très heureuse de ma performance. Faut pas chercher trop loin non plus (même si c’est le fun et qu’on aime ça analyser tous les deux!) : Si j’ai reporté mon marathon, c’est qu’il y a une raison, et cette raison était toujours là. J’ai eu un accident somme toute considérable qui m’a drainé beaucoup d’énergie (la main me réveille encore continuellement la nuit 2 semaines plus tard!). Est-ce que ça m’a enlevé la réserve? Je ne sais pas, mais j’ai fait en plein ce que je croyais valoir et ce, malgré la chaleur de la 2e heure alors j’ai donné mon max du jour tout le long. C’est comme ça que je lis ma course après coup.

      Mais oui, une semaine allégée ne peut qu’être bénéfique, mais je l’avais allégée aussi, peut-être pas autant que tu le fais, mais pour moi oui! :D

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